lundi 18 septembre 2017

MAËLYS, le binôme maître & chien lors d'une disparition


Dimanche 27 août vers 3 heures du matin, les parents de Maelys inquiets de ne pas voir leur fille se lancent à sa recherche aidés des convives. Une dizaine de minutes plus tard, la police judiciaire annonçait la disparition de la fillette âgée de 9 ans. Le chien policier va remonter la piste jusqu'au parking, laissant suggérer que la fillette aurait pu monter à bord d'un véhicule. Les soupçons des enquêteurs vont se porter sur un jeune homme âgé de 34 ans, ancien Maître-chien au 132e bataillon cynophile de l’armée de terre de Suippes, jusqu’à ce qu’il soit réformé en 2007. Les policiers vont découvrir qu'il a passé 1h30 à nettoyer son Audi A3 à une station de lavage, à bord duquel l'ADN de Maelys sera découvert sur le tableau de bord ! Un autre détail semble avoir attiré l'attention des enquêteurs, il aurait utilisé pour le nettoyage de la malle arrière, un produit pour faire briller les jantes et qui agit comme une répulsif sur l'odorat des chiens !

Tout au long de son histoire, l'homme a toujours été accompagné par les chiens. La relation entre l'homme et le chien remonte à l'apparition du tomartus (chien loup), l'ancêtre de tous les canidés. Lutilisation du chien pour des tâches de sécurités est un concept qui remonte aussi loin que le règne de Pyrrhus, Roi dEpirus en 295 avant notre ère. Lassistance du chien dans un concept moderne date de la fin du 19e siècle, et le premier programme de chien « policier » est apparu à Ghenten en Belgique.

L'odorat humain permet de détecter la présence de certaines molécules. Lorsqu'un corps volatil pénètre dans les fosses nasales et atteint la muqueuse épithéliale, il entre en contact avec les 6 à 8 millions de cellules olfactives reliées au cerveau par des fibres nerveuses. Le cerveau humain mémorise l'odeur bien après que la molécule ait quitté le nez. Au bout d'un certain temps, le nez cesse de réagir à une odeur constante. On a identifié sept récepteurs dédiés chacun à une odeur fondamentale : camphrée, mentholée, éthérée, florale, musquée, âcre et putride ; il semblerait que la forme des molécules ait une répercussion sur la détection de l'odeur. L'interaction d'une molécule odorante avec ces récepteurs déclenche une combinaison d'odeurs non-décomposables en odeurs fondamentales (une odeur de mousse par exemple, renferme 200 composants dont 80 participent à son odeur particulière), exceptées pour certaines d'entre elles par des créateurs de parfums.

Les excellentes qualités olfactives du chien associées à sa domestication en font lanimal idéal pour accomplir les tâches où lodorat joue un rôle prépondérant. Elles lui permettent de différencier des odeurs inodores pour lhomme qui possède. Si on mettait les 100-150 millions de cellules olfactives du chien côte à côte, elles occuperaient une surface de 7m2 (0,5 pour l'homme). Le chien est capable de détecter dans latmosphère une concentration aussi faible quun trillionième (1.10-18) . Il peut : distinguer des jumeaux, lodeur dun pied à travers une botte de caoutchouc, lodeur dégagée par la crainte ou la colère.

Le chien piste les odeurs laissées sur le sol par le passage de lindividu.
  1. Le port de chaussures à semelle de cuir laisse une piste plus favorable que des semelles de caoutchouc.
  2. Si lhomme est lourd, la piste sera plus facile à suivre que celle dune personne légère.
  3. Si deux pistes apparaissent, le chien aura tendance à prendre la plus facile !
  4. Il peut pister sur lodeur d'herbe écrasée et de la terre retournée qui libère des gaz.
  5. Il piste également sur les effluves (odeurs en suspension dans lair) : haleine, transpiration, odeur corporelle, caractéristique dune alimentation ou des vêtements.
  6. Si lodeur est faible, le chien piste sur les effluves et légèrement sur lodeur. Si cest le contraire, il inverse lordre. Si l'individu a coupé à travers un cours deau, le chien qui utilise les effluves reprendra plus facilement la piste de lautre coté

Un chien est capable de suivre une piste sur environ une dizaine de kilomètres et il peut dans des conditions favorables détecter lhomme à plus de 100 mètres et pister sur une trace qui remonte à une trentaine dheure ! Plus la piste est fraîche, meilleures seront les chances de la remonter.

Un chien de pistage doit, non seulement être capable de suivre et de remonter une piste vieille de plusieurs heures, mais aussi de localiser les objets perdus, jetés ou abandonnés ayant appartenu à la personne recherchée. Les conditions qui influent sur les odeurs ou effluves disséminées sont nombreuses :
  1. Une atmosphère fortement humide, un ciel couvert, favorise la rétention d'odeurs qui ne peuvent s'évaporer.
  2. A 1 heure du lever ou coucher du soleil, l'évaporation est plus lente.
  3. Plus le temps est sec et chaud, plus il favorise lévaporation de l'odeur.
  4. Si le sol est plus chaud que l'air, il y a apparition d'effluves.
  5. Une nébulosité avec un plafond bas limite l'évaporation.
  6. La végétation épaisse limite la dissémination des odeurs.
  7. Le vent peut disperser lodeur et les effluves.
  8. La pluie peut laver l'odeur.
  9. Un terrain sablonneux, silicieux ou sec, s'oppose à la piste.
  10. Une température trop basse réduit lodeur caractéristique.
  11. Une odeur forte (transpiration, parfum, crasse, nourriture, vêtement, blessure qui saigne, alcool, médicament, etc., améliore la piste.
  12. Un sol dur retient mal les odeurs.
  13. En milieu rural, lodeur danimaux, de fumier peut masquer la piste et distraire le chien.
  14. Le franchissement dun cours deau dissipera rapidement lodeur. Les très fortes pluies auront le même effet en lavant la piste.
  15. Les traces laissées dans la neige seront conservées grâce à lhumidité du sol.
  16. La couche de neige sopposera à la trace en la recouvrant.
  17. La nuit, lhumidité ambiante, la réduction du vent favorisera la trace.
  18. En ville, le trafic, le bruit, les odeurs ne sont plus aussi caractéristiques et la pollution soppose à la trace.
  19. La topographie (colline, vallée, couvert, bois ) peut affecter la vitesse et la direction du vent et fausser la piste.
  20. Sous les lignes THT, le crépitement et lionisation de lair peuvent déranger le chien.
  21. les champs cultivés avec limprégnation dengrais diminuent la trace. La substance qui sen dégage stimule le nerf olfactif et une exposition prolongée entraîne la sécrétion de mucus obturant les cellules olfactives.

Si lodorat du chien est exceptionnel, sa vue est médiocre, il ne distingue pas les couleurs (il voit tout en bleu-vert). L'emplacement de ses yeux lui permet d'avoir un champ de vision supérieur de 70 % à celui de l'homme, mais il décèle plus le mouvement que la forme. Par contre, ses facultés auditives sont très performantes. Il décèle un huitième de note, ce qui lui permet, où l'homme n'entend qu'un seul son, d'avoir une nuance incomparable. Ne vous étonnez s'il reconnaît votre voiture. Il en a mémorisé la « signature » sonore.

Lorientation du pavillon de ses oreilles lui permet de localiser la direction dun son. Il perçoit les sons de 15 hertz à 60 kilohertz ! Cette possibilité peut-être mise à profit en utilisant un sifflet à ultra-sons pour lui adresser des ordres qui resteront inaudibles pour lhomme. Cette particularité permet de dresser un chien à déceler les signaux dalarme utilisant les ultra-sons. Cest d'ailleurs sur ce principe que repose lappareil qui tient les chiens éloignés des mollets des facteurs. La source ultra-sonore très puissante (environ 110 décibels) provoque la même aversion quune sirène hurlant à proximité de notre oreille.

Si un chien peut explorer un véhicule en deux minutes, il peut cependant être distrait et faire de faux marquages (véhicule très chaud, ventilation, lair conditionné, odeur ancienne de drogue, etc.). Les appels ou courants dair peuvent : déplacer lodeur, porter celle dun animal domestique et venir perturber le marquage ou les réactions du chien. Si le chien refuse dapprocher, peut être a-t-il les papilles irritées par une substance chimique (les vapeurs danhydride dacétone, par exemple, forment dans sa truffe une solution dacide acétique).

Lhistoire de la chienne en chaleur qui perturbe le mâle semble infondée, le chien bien éduqué fera son travail. Les trafiquants toujours à l'affût de méthodes pour dissimuler leur trafic et dérouter les chiens, utilisent toutes sortes de produits. Un agent masquant est une substance qui a une odeur forte et persistante qui recouvre et masque lodeur à dissimuler, ou des produits distractifs qui présentent une odeur similaire, substances qui vont entraîner de faux marquages et mobiliser le chien. Une autre possibilité, avoir recours à une substance qui gonfle artificiellement la taille de la molécule odoriférante qui ne peut de ce fait pénétrer dans la muqueuse et encore moins solliciter les cellules olfactives. Ces produits capables de perturber lodeur caractéristique recherchée déclenchent de faux marquages, contribuent à saturer le travail du chien et à détruire la confiance du maître en son chien.

Sans la présence dun maître chien, le meilleur des chiens ne vaut guère mieux quun chien de compagnie. A linverse, un maître chien associé à un « mauvais chien » ne peut remplir pleinement sa mission. Quelle que soit la mission confiée à un chien, elle est toujours le résultat de la compréhension maître et chien. Le maître doit apprendre à connaître son chien, de même que lanimal apprend à connaître son maître. Il est très important que le maître sache parfaitement interpréter les attitudes de son chien afin de toujours rester capable de déterminer si ses réactions sont en rapport avec la mission. Un maître chien qui laisserait échapper les indices dun tel comportement, pourrait penser que le chien travaille réellement alors qu'il n'en serait rien. Le maître doit rester attentif au comportement de son compagnon et toujours lui rappeler ce quil en attend.

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mercredi 13 septembre 2017

LES EXPLOSIFS DE FORTUNE OU ARTISANAUX

Jeudi 24 août 2017, la police judiciaire a ouvert une enquête après la disparition d'un colis contenant 6 kilogrammes de nitrate de potassium livré le 2 août au laboratoire de la faculté de médecine de Nantes (Loire-Atlantique) ! Une disparition jugée très inquiétante, car les nitrates se retrouvent souvent à la base des éléments constitutifs des explosifs. Les chimistes recensent des centaines de substances explosives dont certaines sont inattendues et en vente libre (engrais, produits capillaires, désinfectants, désherbants, détergents, médicaments) pouvant être utilisées pour confectionner des explosifs de fortune (infortune ne serait-il pas plus adapté). Le JO du 31 août 2017 a publié le décret relatif à la commercialisation et à l'utilisation des précurseurs d'explosifs. Tout individu désireux d'acheter des substances pouvant entrer dans la composition d'explosifs devra donner son identité et préciser l'usage qu'il veut en faire.

Si la poudre est apparue pour la première fois en chine vers le VI° siècle, elle fut découverte en Europe fortuitement par les alchimistes qui cherchaient le secret de l'immortalité. Il faudra attendre cependant le XIII° siècle pour que le franciscain Bacon la découvre en 1250 avec un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois. En 1775, Berthollet a l'idée de remplacer le salpêtre par du chlorate. Les résultats sont très violents et nombre d'expérimentateurs vont y perdre la vie. Vers 1830, les chimistes tentent la nitration de tous les corps organiques connus, cela va donner le coton-poudre ou nitrocellulose, et en 1847 à la nitroglycérine. En 1863, Alfred Nobel a l'idée d'y adjoindre une terre silicieuse qui donnera la dynamite, un explosif plus stable qui nécessite l'usage d'un explosif primaire pour entraîner l'explosion, le détonateur au fulminate de mercure découvert en 1850. Les explosifs chloratés ou cheddites vont apparaître vers la fin du XIX° siècle (ils ont disparu du marché en 1961) en même temps que la gélatinisation de la nitrocellulose et de la nitroglycérine qui vont donner la Cordite. Les produits dérivés des produits pétroliers, nitra-fuel, l'explosif S (mélange de chlorate, de paraffine et de vaseline) ne sont apparus qu'au XX° siècle.

La matière n'est pas immuable, une substance mise en contact avec une autre et soumise à une action : lumière, choc, friction, rayonnement extérieur, pression, etc., peut se transformer et se présenter sous une nouvelle forme avec des propriétés spécifiques. Il a suffi de quelques dizaines de kilos d'un mélange de nitrate d'ammonium et d'essence pour tuer 190 personnes lors de l'attentat de Bali (octobre 2002). Les corps simples peuvent se combiner entre eux pour former de nouvelles substances. L'INRS a répertorié plus de 4000 réactions chimiques dangereuses, l'explosion survenue dans l'usine AZF est venue nous rappeler cette tragique réalité.

On appelle explosifs de fortune les mélanges artisanaux réalisés à partir d'ingrédients faciles à se procurer et afin de les différencier des explosifs civils, militaires ou agricoles qui offrent une sûreté d'utilisation bien plus grande. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les résistants privés d'explosifs fabriquaient de la nitroline, un explosif obtenu à partir du sucre, d'un acide fort, de nitrate, et de cellulose.

Vue de l'extérieur, une explosion se caractérise par l'apparition d'une boule de feu accompagnée d'un violent souffle de gaz chaud. Si un gramme d'essence dégage en brûlant entièrement 10 600 calories, il requiert pour sa combustion complète, quatre fois son poids d'oxygène, ce sont donc 5 grammes du mélange qui libèrent 10 600 calories. Toute la différence entre le mélange d'essence et de la dynamite par exemple (1 700 cal/g), réside dans sa vitesse de décomposition. La combustion d'un kilo d'essence fournit une quantité de chaleur équivalente à plus de 7 kilos de nitroglycérine, mais la vitesse de libération de l'énergie de cette dernière se fait en un dix-millième de seconde ! Si l'explosion a lieu dans un volume partiellement clos, les gaz résultant de l'explosion qui ne peuvent se détendre, vont entraîner une surpression intérieure jusqu'à l'instant où ils ne pourront s'échapper par diverses ouvertures, permettant ainsi à l'équilibre de se rétablir. Si la charge est contenue dans un autocuiseur, on voit le volume de gaz se comprimer de plus en plus jusqu'à atteindre la pression de rupture de l'enveloppe, principe de la grenade.

Il faut se défier des formules traînant sur le Web, ces explosifs sont extrêmement dangereux pour ceux qui les fabriquent et surtout pour leurs voisins ! Printemps 2007, un postier poursuivi pour le non-paiement d'amendes décide de s'en prendre aux radars routiers de l'Ouest parisien, il va en détruire onze en une année. Pour mener cette campagne de sabotage réactionnel, il a commencé par parcourir Internet à la recherche de formules dont il achète ensuite les ingrédients dans un hypermarché. Le 28 mai 2008, alors qu'il prépare la mixture dans sa cuisine, celle-ci explose. L'homme grièvement blessé va passer plusieurs jours dans le coma entre la vie et la mort. Quand il recouvre sa lucidité, il a perdu sa main gauche, trois doigts de sa dextre, et a subi plusieurs greffes de peau. Aux policiers venus l'interroger, il déclara : « Je ne suis pas un terroriste, je ne m'en suis pas pris à la population. »

Des connaissances en chimie ne sauraient suffire à s'improviser chimiste-artificier, il ne suffit pas de savoir équilibrer une formule (moles). Le comportement énergétique des molécules explosives dépend de trois paramètres : leur composition chimique - leur chaleur de formation - leur densité. Les molécules contenant de l'azote (nitrates, chlorates, peroxydes) sont intéressantes parce que cet élément se transforme presque intégralement en azote gazeux sans consommer d'oxygène. Nous sommes en présence de groupes explosophores très instables, et les formules livrées ne précisent pas le mode fabrication. Il ne suffit pas de mélanger les substances en proportions (volume, masse) correctes, encore faut-il être en mesure d'en contrôler les réactions lors de leur préparation...

L'apprenti chimiste connait sans doute le triangle du feu, mais connait-il l'hexagone d'explosion, est-il familiarisé avec le bon usage d'une « pierre » à ébullition, au fait de l'importance de la granulométrie dans le dosage ou de la concentration de la substance ? Prenons l'exemple du TATP (triperoxyde de triacétone) ou peroxyde d'hydrogène dont les djihadistes sont friands pour la confection de leurs ceintures explosives. Cet explosif primaire aussi sensible que le fulminate de mercure et facile de fabrication et difficile à détecter, se présente sous forme d'une poudre blanche. Trois substances (acétone, eau oxygénée et un acide fort) suffisent à sa fabrication, encore faut-il qu'elles soient en concentrations adéquates, ce qui est rarement le cas. La quantité d'une substance est égale au quotient de la masse de l'échantillon en grammes sur sa masse molaire. Un kilo d'eau par exemple, contient 1.000 gr/18,01 g/mol, soit 55,5 mol H2O. Si le « chimiste » se procure de l'acide concentré à 65 %, de combien de mol/l disposera-t-il dans un litre sachant que d vaut 1,4 ?

La réaction fortement exothermique peut provoquer de graves brûlures et briser le récipient utilisé. Si la température reste incontrôlée, le mélange produit une fumée blanche et détone ! Cette étape franchie, encore faut-il procéder à son lavage et à la mesure du Ph. Son stockage n'est pas sans présenter de risques. Il doit être conservé dans une substance particulière ou un mélange stabilisant. Cet explosif de densité 1,2 capable de détoner à 5.300 m-s-1 avec une efficacité de 80 % du TNT, peut être utilisé comme explosif brisant ou soufflant...

Lorsqu'on désire enflammer une bûche dans la cheminée, on utilise une allumette pour enflammer un amas de papier qui va à son tour enflammer du petit bois, puis enfin enflammer la bûche. Avec les explosifs c'est exactement le même principe : il faut un moyen de mise à feu, un moyen d'amorçage et une charge. On parle de chaîne pyrotechnique (charge primaire, secondaire et principale). Le TATP n'a pas besoin d'un détonateur ni même d'un inflammateur pour détoner, un simple arc électrique, une source de chaleur, une friction ou un choc suffit ! On comprend à la lueur de ces précisions, la directive faite à certaines unités d'ouvrir le feu en évitant de viser le torse chez une personne portant une « ceinture » explosive, à moins qu'elle soit seule dans un endroit isolé !

Ce n'est pas un hasard si dans certains pays, les attentats à l'explosif représentent près de 60 à 80 % des attentats commis. L'explosif est : bon marché - facile à se procurer - aisé à mettre en place (véhicule, kamikaze, dans une poubelle, etc.) - explosion activée à distance - explosion déclenchée par un comportement (piège) - mise à feu à influence (barométrique, interférence magnétiques, accélération, température, etc.) - impact psychologique sur la population - il peut se présenter sous différentes formes (liquide, solide, gazeuse, vapeurs, malléable) - « destruction » des preuves (le chlorate mélangé à d'autres substances en font un explosif incendiaire).

Pour l'utilisation optimum d'un explosif, encore faut-il savoir quel type il convient d'utiliser : primaire, secondaire, soufflant, brisant - sa nature (solide, liquide, pulvérulente, gazeuse) - en calculer la charge (masse) - en déterminer la forme (linéaire, en couple, concentrée, charge creuse, effet dirigé, à fragmentation, etc.) - l'emplacement de son amorçage - la densité de chargement - son emplacement qui doit prendre en compte les interférences du front de l'onde explosive (domaine de la détonique). Ces quelques éléments de réflexion expliquent pourquoi les terroristes sont souvent de bien piètres artificiers qui compensent leur manque de technicité par la masse de la charge et la présence de shrapnels (éclats).

Article 322-11-1 du code pénal : « La détention ou le transport de substances ou produits incendiaires ou explosifs ainsi que d'éléments ou substances destinées à entrer dans la composition de produits ou engins incendiaires ou explosifs en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, des infractions définies à l'article 322-6 ou d'atteintes aux personnes est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 500 000 euros d'amende lorsque ces faits sont commis en bande organisée. »


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lundi 22 février 2016

AGORAVOX, L'ENCRE CITOYENNE Quand un lecteur-citoyen averti en vaut deux.



Jusqu'à il y a encore peu, seule la radio était capable d'atteindre une masse d'auditeurs répartie aux quatre coins de la planète. En 1918, la III° Internationale lançait la première campagne de propagande radiophonique à direction de l'Europe. La tour de l'émetteur du Komintern située dans un quartier de Moscou s'élevait à 200 mètres au-dessus du sol et diffusait des programmes en plusieurs langues, bientôt suivie par la British Broadcasting Corporation. En 1939, une vingtaine de stations appartenant à l'État français émettaient. En 1941, l'occupant allemand sollicita auprès du régime de Vichy l'autorisation d'installer une station d'émission en zone libre pour y relayer sa propagande, qui donnera naissance à RMC. La « guerre des ondes » et la course à l'audimat vont se révéler de véritables « armes » de masse à longue portée.

Les médias sont loin d'êtres neutres, ils cherchent à : séduire - persuader - influencer - et d'agir sur la culture et l'ordre social, actions relevant de la manipulation et du domaine de la « guerre » psychologique. La publicité rend la rédaction captive des annonceurs qui l'est déjà du conseil d'administration réunissant propriétaires et actionnaires. Le diktat qui prévaut ? le tirage duquel découle les recettes publicitaires qui dépendent du lectorat/audimat, c'est le chien qui se mord la queue. L'information n'est ni neutre ni impartiale et encore moins objective : La même information est traitée très différemment selon le titre, l'organe de presse (écrit, parlé, télévisuel) ou le journaliste. Rappelez-vous : les faux scoops (armes dans les caves de banlieue), la dramatisation (le faux charnier de Timisoara), la campagne de rumeurs lors de l'invasion de l'Irak pour détourner l'attention (affaire Tony Blair), des faits montés en « épingle » (affaire Baudis), des omissions ou informations négligées, etc. Je ne sais rien mais je dirai tout ! Lorsque les faits divers font défaut on ressort les « marronniers » car le papier ne refuse jamais l'encre.

Les chaines d'information, surtout celles en continu, se doivent de trouver de quoi alimenter leur présence dans la boite à images télévisuelles à chaque instant. Plus les images sont spectaculaires et parfois « trash », plus elles font de l'audience et reste simples à traiter dans leur immédiateté. La vidéo sert juste à nous émouvoir, à nous mobiliser, et non à nous informer. La presse remplie d'autres fonctions que l'information : divertissement - évasion - compensation - appartenance sociale (Jean Stoetzel) - connaissance, etc., mais elle ne participe que très peu à la grille de lecture sinon pour nous en offrir une lecture dirigée. Le message véhiculé est-il : argumentatif - descriptif - explicatif - narratif, etc. Seule la mise en scène du récif destiné à produire un effet sur le lecteur prévaut. La presse en mérite-t-elle pour autant le terme de médiacratie et peut-on en exonérer totalement le lecteur, l'auditeur ou le téléspectateur ?

L'informatique redécouvre les médias avec le multimédia (texte, son, image, vidéo, données) qui modifie les règles du journalisme, notamment celle du : qui - quoi - quand - où - pourquoi apparue pendant la guerre de Sécession (1861-1865) et vient bouleverser l'acquisition des connaissances (moocs et tutoriels). L'information n'est pas un système mécanique, un même événement entraîne différents points de vue, celui du témoin, du rédacteur et ceux des lecteurs et des annonceurs. Avec un médium en ligne comme Agoravox par exemple, l'information n'est plus seulement l'affaire des journalistes, elle devient aussi celle des lecteurs qui s'en emparent pour établir une interrelation (transaction), les lecteurs-débatteurs participent à un échange d'opinion sans équivalent. Aucun média imprimé ne peut l'offrir et encore moins avec cette simultanéité propre à Internet. Le 20 heures n'est plus le messager attendu, il fait figure de parent pauvre avec une dizaine d'informations alors que des centaines sont tombées sur les téléscripteurs des agences de presse.

La sève citoyenne se réapproprie l'information pour la vivifier, mais le médium a sa propre logique de communication sociale. Il est un support d'opinions et non la représentation d'une opinion dominante (pour l'instant) car tout un chacun peut s'y exprimer librement. La portée du médium s'étend à toute la francophonie et ne dépend plus des mêmes logiques financières ou nationales. Internet est transnational et donne raison à MC Luhan qui utilisa pour la première fois en 1969, l'expression de « Global Village » que l'on pourrait traduire par village mondial. Nous sommes face à un modèle culturel et participatif. Le « quatrième pouvoir » cher à Edmund Burke tend à reculer et le rang de la bande des « 4 P » à se modifier : politique - police - public - presse en queue de peloton.

Ce médium s'apparente à une auberge espagnole (relais où se retrouvaient les pèlerins qui empruntaient le chemin de saint-Jacques de Compostelle et où ils apportaient leur souper), le lecteur s'empare de l'énoncé qui peut être débattu, voire combattu. Il y a des lecteurs : curieux - instruits - cultivés - passionnés - respectueux qui contribuent à l'enrichissement de la réflexion par percolation ou à une fertilisation croisée ; d'autres qui réagissent à l'emporte-pièce pressés d'émettre un jugement, leur jugement, heureux de bénéficier d'une plate-forme pour diffuser plus largement une opinion qui n'a parfois que peu à voir avec le texte initial (contre-information). Ce n'est plus lire entre les lignes mais dans le marc de « caoua » (café). Par ailleurs, qu'elle valeur accorder à la cotation d'un article quand l'évaluation (mauvais, moyen, bon, très bon et excellent) repose sur le vote de quelques lecteurs seulement alors qu'ils sont plus du millier à l'avoir lu ? De même que le prix d'un livre ne reflète pas sa valeur informationnelle, le nombre d'étoiles accordé ne saurait préjuger de la valeur de l'article, en statistique on appelle cela un échantillon non représentatif.

Certains se sont faits une spécialité malicieuse, à moins qu'il ne s'agisse d'un travers psychologique tendance paranoïde (il suffit de consulter le nombre de réactions de certains pour comprendre l'addiction dont ils sont l'objet), que d'extraire une partie, un mot de son contexte qui n'a de sens que dans son cadre, certains n'attendent pas d'avoir terminé leur lecture pour réagir ! Comme le mauvais critique qui juge le poète et non le poème, il va pouvoir rétablir la vérité ou sa vérité en se réfugiant à l'abri derrière un pseudonyme, c'est à dire en renonçant à ce qui le singularise, son patronyme, sa filiation... Au fil du temps, leur adresse IP a changé, leur pseudo aussi, leur description jamais renseignée (www.ip-adress.com/ip_tracer/), seul le choix de leur « logo » et leurs interventions antérieures véhiculent une série d'indications à leur sujet. Par contre, leur écriture compuscripte reste identifiable entre mille et on peut la voir évoluer au fil du temps chez certains vers une « rage » contenue qui vient trahir leur « mal être » intérieur. Rares sont ceux à saisir leur clavier pour rédiger un « article », pensez donc ! cela reviendrait à se mettre à nu devant la communauté et il est bien plus facile d'écrire en réaction et sur une impulsion (billet d'humeur) que de rédiger sans prétention aucune, un texte à partager avec la communauté.

Ce genre de personnes représente une approche modifiée du triangle de Karpamn passant du rôle d'accusateur (procureur) à celui de la défense (avocat), et d'afficher le déni ou la victimisation de l'accusé. Est-elle consciente de reproduire le contraire de ce qu'elle entend dénoncer et de confirmer le dicton : « donner un grain de pouvoir à un homme et il ne tardera pas à en abuser. » Il nous faut relativiser, ce genre d'énergumènes ne représente qu'une infime partie du lectorat et comme leurs interventions sont clivées et que ce sont souvent les mêmes qui « sévissent », ils doivent représenter en valeur pondérée deux ou trois pour dix-mille lecteurs... Leur répondre serait comme de le faire à un inconnu qui vous interpelle dans la rue oubliant la plus élémentaire règle de savoir-vivre, celle de se présenter et de conserver une distance sociale (travaux du sociologue Edward Hall). Désolé (euphémisme) mais tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs et chacun a un parcours de vie différent contribuant ainsi à notre individualité. Nous ne sommes pas des moutons de Panurge.

Il y a des articles et des commentaires qui donnent à penser que des auteurs rédigent parfois un article ciblé en guise de réponse à un lecteur ayant déposé un commentaire « discourtois » pour le provoquer ou l'amener à se découvrir encore un peu plus devant la communauté des lecteurs. Les « teasers » (déclencheurs) les plus fréquemment utilisés sont : le réflexe d'attirance - d'aversion - de frustration - d'identification - le sexe - l'âge - la culture d'appartenance - la classe sociale - l'idéologie. Le lecteur visé affublé de ses filtres mentaux se précipite généralement tête baissée vers le « collet »... A-t-il entendu parler des travaux de certains services chargés de l'étude des messages circulant par-ci, par là ? A moins qu'il ne participe involontairement et par ignorance à une étude sociologique... Si seulement il avait pris l'élémentaire précaution de terminer sa lecture et lu les autres posts après s'être assuré d'avoir compris le thème dans son cadre au lieu d'engager une transaction paradoxale, que de malentendus seraient évités et de moments agréables partagés. Il nous faut ici souligner que le rédacteur reste un bénévole qui présente une approche de certains faits sans pour autant y adhérer forcément, CQFD ! L'article n'est pas un procès-verbal.

L'histoire nous a transmis un dialogue entre Socrate et un interlocuteur demeuré inconnu.
- L'interlocuteur : « sais-tu que j'ai appris une nouvelle concernant ton ami ? »
- Socrate : « Attends un instant, avant de me transmettre une nouvelle, je voudrais qu'elle passe le test des trois filtres. Tout d'abord celui de la vérité : as-tu vérifié si ce que tu me rapportes est vrai ? »
- I : « Non je l'ai seulement entendu dire. »
- S : « Alors prenons le deuxième filtres, celui de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ? »
- I : « non, pas du tout, il paraît qu'il a mal agi ! »
- S : « Ainsi, tu veux me raconter de mauvaises choses sur mon ami et tu n'es pas sûr que ce soit vrai ! Il reste encore le filtre de l'utilité. Est-ce utile pour moi de savoir ce qu'a fait mon ami ? »
- I : « Pas vraiment. »
- S : « Alors, si ce que tu veux me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi me le faire savoir. Toi aussi tu ferais mieux de l'oublier. »

Quelques lecteur n'entrent en communication que pour obtenir la satisfaction d'un désir déclaré mais plus souvent latent afin de combler leur frustration sans prendre le temps de la réflexion ni de soupeser le pour et le contre, l'avantage et le désavantage de leur participation. Tout contributeur ou débatteur désireux d'éviter une relation paradoxale et une perte de temps inutile se doit de savoir repérer ces artifices pour les contourner ou rétablir une vérité première. Le débatteur respecte-t-il la chronologie, procède-t-il à des ressemblances, des amalgames, soulève-t-il de nouvelles implications, juxtapose-t-il des ressemblances, établit-il des relations de cause à effet, utilise-t-il des figures appartenant au champ de la rhétorique ? Tout peut devenir ambigu et venir contribuer à brouiller la pensée initiale, chacun ensuite de rester sur son rail sans jamais rencontrer son interlocuteur. On « parle » mais sans échanger vraiment, car la communication reste déphasée et sous l'égo se devine « le fond qui remonte à la surface », c'est la sempiternelle histoire du contenant et du contenu.

Le multimédia reste un couteau suisse, c'est à dire un outil capable de répondre à différentes utilisations, notamment à une demande et à une culture qui seules lui donnent sens. La grille de lecture est parfois brouillée par des positions dogmatiques étoffées d'une sensibilité exacerbée sur lesquelles viennent se greffer une analyse de texte parfois défaillante et une culture indigente, ce qui n'empêchent pourtant pas leur tenant d'avoir une idée sur(tout) et qui ne se prennent jamais à douter... Qu'importe ! la vérité est plurielle. Petite phrase du jour : « Il y a deux sortes de vérités : celle du raisonnement et celle des faits. Les vérités de raisonnement sont nécessaires et leur opposé impossible, et celles des faits sont contingentes et leur opposé est possible. » ( Leibniz)



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mercredi 6 janvier 2016

"LES CONSEILLEURS NE SONT PAS LES PAYEURS"


Une élue du PS a récemment fait part de son souhait d'en revenir au service militaire, facile de pérorer sur un sujet aussi complexe quand on n'a pas été confronté soi-même à l'armée de conscription ou que l'on n'a pas perdu un proche dans un conflit. Sa réflexion ne repose que sur une position doctrinale d'idéologie socialiste oubliant les responsabilités passées de ce courant de pensée dans les conflits contemporains. Dans le milieu "orléanais", on évoque le risque qu'il a à instruire des hommes et des femmes à l'art militaire ; peut-on imaginer un seul instant que les tueurs du 13 novembre aient reçu une formation au combat urbain, au nettoyage de locaux et qu'ils aient opéré en trois trinômes ou quatre binômes avec un chef de groupe à leur tête à l'intérieur du Bataclan !


Ce n'est pas sans raison aucune que l'instruction militaire a été profondément remaniée après les événements post soixante-huit. Imaginez un Abdelhamid Abaaoud ayant suivi un stage commando et maîtrisant la construction de cache dans la profondeur, les techniques de parcours d'évasion, etc., les enquêteurs auraient probablement eu beaucoup de difficultés à détecter sa planque sous quelques buissons. Le service militaire se devrait plutôt à être perçu comme un gage de confiance des siens. Mieux vaut un combattant animé par le désir d'abattre le maximum d'adversaires plutôt que celui de finir en martyr les armes à la main. On pourrait paraphraser Patton et dire : ce n'est pas d'être prêt à mourir pour son pays qui compte, mais de faire en sorte que le maximum de salauds d'en face y laissent leur peau. Un conscrit qui n'adhère pas aux raisons du combat national représente plus un danger pour ses camarades d'arme qu'un renfort, et il n'est jamais exclu qu'il vous tire dans le dos ou déserte en faveur du camp adverse...

Lorsque le président a invité les citoyens à exhiber le drapeau national aux "balcons", il a fait un "bide" monumental avec seulement quelques centaines d'étendards pour une ville de plusieurs centaines de milliers d'habitants ! Aucun patriote n'a envie de se signaler à l'adversaire intérieur comme les supporters d'une équipe de football. L'issue d'un combat repose sur la qualité des combattants et non sur leur quantité, sans oublier l'adéquation de la personnalité au combat. Certains combattants sont faits pour servir dans une arme de mêlée tandis que d'autres, plus individualises trouveront à s'exprimer dans un poste de "sniper", je pourrai vous en citer des exemples, notamment lors de la guerre au Liban, mais à quoi bon?


Message subliminal destiné aux oublieux... <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Jny2MspNDa4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

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vendredi 1 janvier 2016

URBANISATION, ENSEIGNEMENT, INTÉGRATION (8)


Pour tenter d'approcher une conduite dans une situation donnée, la compréhension des statuts, du rôle, de l'individu ne saurait suffire, car ces données sont réinterprétées d'une façon personnelle. Les attaques dont fut victime le Danemark en février 2015 interpellent. On disait de ce pays que sa population était la plus heureuse et la société un modèle d'intégration. La bonhommie de la petite sirène a éclaté comme une bulle de savon, les Danois ont redécouvert à travers son spectre multicolore que "le mot n'est pas la chose".

En Suède, l'un des pays les plus ouverts avec le record du nombre de demandeurs d'asile et de réfugiés accueillis, deux tiers des Suédois : "pensent que les immigrés n'arrivent pas à s'intégrer dans le pays". Les démocrates de Suède, troisième parti du pays, demande l'arrêt de l'immigration en Suède. Un responsable du parti qui compte 49 députés, avait lancé un "merci, au revoir, rentrez chez vous" , aux immigrés, lors d'un meeting.

Un début de réponse est à rechercher dans l'anthropologie sociale avec les caractéristiques nationales, préjugés, attitudes, opinions, culture, facteurs sociaux, la personnalité, langage, dynamique de groupe. "il n'y a pas de raison pour les races qui diffèrent physiquement ne diffèrent pas psychologiquement", propos du chercheur Kroeber qui inaugurent le champ d'étude de l'ethnopsychiatrie et de l'ethnocriminologie (explication du phénomène criminel ethnique).

L'Express du 9 février 2006, rapportait "Selon les études de Roché, l'origine sociale n'explique pas tout. "Certes, 80% des jeunes délinquants d'origine maghrébine ont des parents ouvriers ou employés, souligne-t-il. Mais à niveau socio-économique équivalent, il est erroné de penser que les comportements socialement répréhensibles sont associés de facto à un statut socio-économique. La paupérisation, l'angoisse de l'avenir, etc., peuvent intéresser le problème de santé mentale que connaît la France , mais cette piste seule ne saurait se suffire. Le comportement est lié à la position de l'individu à l'égard de son statut personnel (travaux de Hyman). On pourrait chercher un début d'explication en avançant l'absence d'une personnalité affirmée, l'incapacité à se soustraire à l'influence des origines parentales, des groupes sociaux, à la publicité, à un certain mimétisme. Le pouvoir de raison leur étant inconnu, l'affirmation passe par l'agressivité indirecte (tenue, attitudes, comportements, graffitis), bientôt suivie de l'agressivité directe (verbale puis physique). Une étude de 2014 a révélé qu'entre 135 000 et 169 000 enfants de 6 à 14 ans, soit 3,5% à 5,6% des enfants d’âge scolaire, le plus souvent des garçons, présenteraient des « troubles déficits de l’attention avec ou sans hyperactivité » se manifestant par un déficit de l’attention - une hyperactivité motrice - une impulsivité.

Au début de leur emménagement dans des appartements salubres, tous les immigrés de la première génération étaient heureux d'avoir un appartement spacieux, clair, l'eau chaude et le chauffage central. Pour ces travailleurs immigrés des trente glorieuses qui avaient contribué à la construction de tant de logements, c'était une très nette amélioration de leur condition. Ils pouvaient enfin vivre décemment et quitter leur "chaâba" (bidonville) insalubre. À la même époque, les tenants d'Ernest Gellner pensaient que la croissance économique et le confort allaient se substituer à la violence.

Comment expliquer que la commanderie, par exemple, cette résidence destinée aux classes moyennes bâtie au début des années soixante, soit devenue un territoire contrôlé par des bandes de jeunes (les scoots ce qui en arabe veut dire "ferme la !") issues de l'immigration, rongées par la peur, la violence et la haine ? Des carcasses de voitures volées pour en récupérer les pièces détachées et approvisionner un atelier de mécanique clandestin sont incendiées et abandonnées. Si ces marqueurs signalent aux étrangers que la zone n'est pas sûre, il s'agit aussi d'une remise en cause du droit du citoyen à vivre paisiblement et en sécurité.

Les urbanistes, les hommes politiques ont certes leur part de responsabilité sur les villes nouvelles et l'aménagement du territoire, mais la responsabilité, ou plutôt, l'irresponsabilité semble partagée. Une erreur en appelant une autre. Il est parfaitement possible que 5 individus sur 100 se distinguent de la masse, mais une génération ne voit que très rarement un docteur Moriarty du crime. La minorité délinquante de 5% n'est pas exclusivement composée d'individus exceptionnels, mais d'individus quelconques.

L'ancien président Valérie Giscard d'Estaing, s'exprimant en 2005, à propos du regroupement familial ( qui a été le fait d'un véritable lobby, notamment celui du BTP qui consomme par jour autant de litres de béton que l'on consomme de litres d'eau, et qui y voyait de la main d'œuvre docile et à bon marché), a déclaré, "aujourd'hui j'aborderais le problème d'une manière différente".

Certains sports loin d'apaiser les esprits sont en passe de devenir un indicateur de la violence latente. Le lundi 15 mai 2006, deux individus encagoulés faisaient irruption dans la mairie de Saint-Denis et menaçaient d'une arme de poing un membre du Conseil municipal qu'ils avaient pris à tort pour le maire. Ils exigeaient des places pour le match Arsenal-FC Barcelone au stade de France, "si tu réponds pas, on te tire dans la jambe"! Au-delà du hooliganisme, des batailles rangées entre supporters, le "foot" est en passe de devenir un phénomène qui suscite le fanatisme. Il est responsable de meurtres, suicides, d'agressions, d'accidents, etc. À Cergy, en France, une dispute de couple à propos d'un match de la coupe d'Europe se termine par une défenestration.

En 1990, quatre cent sites scolaires recevaient un milliard et demi de francs et certaines zones prioritaires reçurent une rallonge budgétaire de 100 millions. En 1996, la France comptait 700 zones urbaines sensibles et 750 regroupant 5 millions de personnes, et en 2005, 380 zones franches, 350 zones de redynamisation urbaines (ZRU). En dépit de ces mesures, il faut bien reconnaître que le pacte de la ville s'est révélé être un échec.

Les premières violences scolaires sont signalées au début des années soixante-dix. La multiplication des "incidents" va s'installer de façon durable. Le 2 mai 1979, une rixe au couteau oppose un jeune Turc à un jeune Algérien. Le rapport Léon (1983) qui abordait les problèmes des violences en milieu scolaire, allait être suivi de beaucoup d'autres : rapport Barret en 1993, Braunstein, le Gall en 1994, Fotinos en 95, etc. Dans le même temps, le pourcentage des reçus au baccalauréat passait de 30% en 1970, à près de 70% en 1998! Pour les lycéens issus de l'immigration, la majorité des lauréats sont des bachelières, situation qui dans une société patriarcale accentue le ressenti des garçons à l'encontre des filles. Est-ce un phénomène fortuit si depuis quelques années la société se retrouve confrontée à des jeunes filles victimes de leur milieu comme s'il s'agissait de leur denier le droit de dire non, ou d'exister tout simplement. Sohane brûlée vive pour avoir outrepassé l'interdiction de territoire d'un petit caïd. Pendant qu'Ilan était retenu captif dans les caves d'une cité, un procès s'ouvrait devant la cour d'assises du Val-d'Oise. Trois Pakistanais comparaissaient pour avoir séquestré, violé et torturé une jeune femme qui refusait de se marier avec l'un d'entre eux.
Des voix se sont élevées pour demander aux enseignants (on délaisse le mot instituteur qui rappelle trop le mot institution chère à la IIIe République) de signaler les comportements déviants et réitérés dont ils auraient été les témoins, ce à quoi ils ont répondu qu'il s'agissait d'un travail de "flic". Une amie enseignante à Pantin, au lendemain de l'attentat du 11 septembre 2001, me rapportait qu'une grande majorité des "gosses" avait la photo de Ben-Laden posée sur leur pupitre. Si certaines approches préventives dérangent (certaines à juste titre), c'est bien plus en raison du contrôle social, d'une dérive sécuritaire et de la crainte de représailles.

La sécurité de la collectivité doit-elle prévaloir sur l'intérêt individuel, corporatiste des enseignants, des laboratoires pharmaceutiques, etc., électoraliste, ou s'effacer? Où commence et ou s'arrête la responsabilité citoyenne? Les enseignants sont par leur mission en première ligne les observateurs in-situ les mieux placés. Une enseignante disait " je passe un tiers du temps à faire de la discipline, un tiers du social, et un tiers de l'enseignement." Après le poignardage d'une enseignante, le ministre de l'Éducation nationale proposait l'installation de systèmes de vidéosurveillance et l'installation de portiques de sécurité. Comment ces aménagements pourraient contribuer à modifier les attitudes, comportements de jeunes qui ne respectent ni les personnes chargées de les instruire ni leurs condisciples, ou leur apprendre à respecter une minorité autre que la leur. Quelques mois plus tard, une enseignante était "tabassée", filmée devant le reste de la classe et la vidéo diffusée dans une cité voisine.

Rappelons que c'est l'instruction qui est obligatoire et non l'école. Il est parfaitement possible de ne jamais mettre les pieds dans un établissement scolaire et de suivre les cours du CNED. L'instruction laïque et obligatoire qui repose sur ceux que l'on a appelé les "hussards de la république", a été imposée en son temps, dans un but politique. La lutte contre l'influence de l'enseignement catholique. L'enseignement laïque devait devenir une arme politique dont la société ne s'est jamais remise. De plus en plus de familles désirent ou estiment nécessaire de confier l'éducation de leurs enfants à des écoles libres. Ne pourrait-on pas exclure ces quelques éléments perturbateurs de l'école, à eux de suivre les cours du CNED et ainsi assurer la sûreté des établissements et la sécurité des élèves et enseignants?

La France a déjà connu des vagues d'immigrations massives. Prenons par exemple celle des Arméniens. Ils sont arrivés avant la Seconde Guerre mondiale sans le sou, ont accompli les travaux les plus rudes, ont connu la promiscuité dans de minuscules appartements dans lesquels toute la famille vivait entassée. Dans un souci d'aplanissement des difficultés liées à leur intégration, de nombreux parents qui ne parlaient pas même le français, ont choisi de franciser le nom (procédure rapide et gratuite toujours en vigueur) de leurs enfants, démarche douloureuse envers le passé familial, et qui souligne aussi une nouvelle filiation nationale. Cette renonciation, véritable sacrifice s'est révélée à terme bénéfique, il ne viendrait à l'idée d'aucun citoyen de leur dénier le droit à être français. En ce qui concerne la population originaire d'Algérie chez laquelle le patronyme est d'apparition relativement récente, le gouvernement algérien a, dès son accession au pouvoir, attribué un patronyme à ceux qui en étaient dépourvus, en a simplifié ou modifié l'orthographe. Alors que l'on parle du CV anonyme, comment ne pas avoir son attention attirée par la conversion à l'Islam qui est suivie de l'attribution d'un nom à consonance arabe (Casius Clay alias Mohamed Ali). Est-ce si innocent quand certains jeunes noirs adoptent au sein de leur bande un autre nom que le leur, comme par exemple celui de Chaka Zoulou? Le prénom le plus répandu chez les immigrés maghrébins reste Mohamed, prénom du prophète qui représente tout le symbole d'une appartenance religieuse et culturelle. Ce n'est donc pas un hasard si les demandeurs à la francisation sont majoritairement des kabyles catholiques, des enfants nés d'un couple mixte, des laïcs ou des lettrés.

Le nom (patronyme) a certes un lien avec la parentèle paternelle et le pays d'où est originaire la famille, mais il est aussi parfois, souffrances quotidiennes, difficulté des autres à le prononcer, à le mémoriser, d'où humiliations, discrimination, vexations, catégorisation, etc. Vouloir le conserver, c'est une façon de se sentir concerné par le passé de ses parents, mais il est aussi parfois à l'origine d'un "complexe" qui peut conduire à la haine. Il n'y a qu'une enfance heureuse qui ne fasse pas parler de soi. Ce n'est pas tout à fait un hasard si les jeunes françaises d'origine musulmane sont de plus en plus nombreuses à épouser, au grand dam de leur famille, un Français de souche. C'est pour elles, non seulement une façon de se libérer d'une tutelle patriarcale devenue désuète, mais aussi et surtout vouloir donner à leurs enfants une chance supplémentaire.

Et si l'intégration à l'égard de certaines ethnies ou populations n'était qu'un leurre comme le laissent supposer les événements survenus en : Angleterre, Australie, Espagne, Danemark, Hollande (ce pays connaît actuellement une immigration négative, les départs étant supérieurs aux arrivées de nouveaux immigrants). Il règne en France au nom d'une soit disant égalité républicaine, une véritable omerta sur la mixité sociale, ethnique, et religieuse. Au mois de janvier 2015, la France a assisté à un mouvement de population inconnu jusqu'alors, désireuse de clamer son raz-le-bol. Il y aurait sur le territoire national 8 millions de personnes étrangères. Les autorités ne "connaissent pas", elles-mêmes, le chiffre exact... La France est-elle en train de devenir une terra incognitae comme les événements du 13 novembre sont venus le confirmer tragiquement ? 

Les modèles d'intégration américains, anglais, canadiens, danois et français ont échoué. Les Américains toutes origines confondues sont les premiers à dire " If you don't like it, leave it", ce qui signifie, si vous n'aimez pas l'Amérique, dégagez ! Les noirs américains qui ont fait un voyage initiatique au pays de leurs ancêtres en reviennent dans leur grande majorité, dépités par les conditions de vie locale. Ils n'ont qu'une hâte, retrouver bien vite leur appartement avec l'air conditionné et the americain way of life. Propos repris par Sarkozy, ministre de l'Intérieur, sous une forme atténuée. "Si la vie en France était si horrible et son système social si ringard, comment expliquer que des dizaines de milliers de clandestins demandent leur régularisation." Ces "clandestins" n'en ont d'ailleurs que le nom, à peine arrivés ils savent où s'adresser pour obtenir aide, hébergement, soins, et inscrire leurs enfants dans un établissement scolaire.

En Europe, en raison du poids de la tradition et de l'histoire des différentes communautés, il faut être réaliste, on ne peut laisser derrière soi son identité, sa culture, comme on laisse son manteau au vestiaire. Les immigrés ont certes opté pour un certain pays d'accueil, mais il s'agit d'un choix unilatéral conditionné par la bonne volonté des politiques migratoires. Les populations et les peuples ne se sont jamais choisis mutuellement. Leur présence a été imposée de façon militaire, économique, politique, ou démographique. Une pénétration culturelle peut remplacer avantageusement toute expédition militaire et aboutir à une colonisation intérieure, ce que l'Etat islamique semble avoir parfaitement compris avec la présence de terroristes infiltrés parmi les flots intarissables de réfugiés.

A SUIVRE : ORDRE & DÉVIANCE SOCIALE

Le contenu de ces articles propose d'essayer de comprendre et de rendre intelligibles la situation que connait la France confrontée à une présence étrangère qui pose problème depuis déjà plusieurs décennies. Cette grille de lecture ne prétend pas pour autant que les faits avancés puissent en exclure d'autres. Les propos servant de fil conducteur, aussi effrayants que manichéens, ne sauraient m'être attribués pour induire la réflexion du lecteur. Ils relèvent de l'histoire et de l'actualité.
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