lundi 22 janvier 2018

Les fraternités (mafias) russophones


Le 16 novembre 2017, une opération policière en région île-de-France a permis l'interpellation de 37 Géorgien(e)s soupçonné(e)s d'appartenir à l'organisation criminelle « Vory v Zakone », la saisie de 70 000 euros en espèces, des Mercedes, BMW, Audi Q7, des armes, et le blocage de 200 000 euros sur des comptes bancaires, actes judiciaires clôturant 18 mois d'enquête. L’argent liquide servait à payer des comparses, à financer des transactions illégales, et des entreprises en rapport avec le secteur du bâtiment dirigées par des russophones se chargeaient d'établir de fausses factures, de déclarer des employés fictifs, et de rémunérer des ouvriers au noir. Le préjudice est estimé à plusieurs millions d'euros !

L'arrivée de cette criminalité inquiète toutes les polices d'Europe, et le citoyen est en droit de s'interroger sur l'inconséquence de nos hommes politiques. Chaque arrivée massive entraîne une nouvelle criminalité, et personne au niveau de l'État n'a l'idée de consulter des sociologues, des ethnopsychiatres, etc., sur la mentalité nationale des demandeurs d'asile ! Le quai d'Orsay a-t-il mis le gouvernement en garde lorsque le parlement géorgien a voté une loi d'amnistie (2012) entraînant la libération de plusieurs milliers de détenus et le limogeage de 300 fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, véritable déferlante de malfaiteurs qui a attiré d'autres clans caucasiens ? On estime à 70 000 le nombre de russophones (200 000 avec leur famille) qui sillonnent l'Europe. En 2013, les russophones étaient les deuxièmes demandeurs d'asile dans l'Union Européenne à l'échelle mondiale derrière la Syrie.

La Rivièra franco-italienne qui s'étend sur quelques centaines de kilomètres avec ses casinos, son hôtellerie de luxe, ses boites de nuit, sa population huppée et à l'immobilier recherché a de quoi retenir leur attention. Nice concentre plus de 20 000 Russes (nombre qui englobe les ressortissants des anciennes républiques ayant demandé le passeport russe) sur les 90 000 établis en France, chiffre auquel il convient d'y ajouter les nombreux russophones des ex-républiques sans parler des touristes qui y débarquent et des pendulaires. Le 18 mars 2010, un vor qui sortait d'une villa louée sous un nom d'emprunt dans la région marseillaise flanqué de ses deux gardes du corps, fut abattu de sept balles. Ce membre proche du clan de Koutaïssi avait échappé aux tueurs deux mois plus tôt, en s'enfuyant par la fenêtre d'un appartement niçois...

Le crime organisé en Russie a commencé à l'époque impériale des Tsars. Au XVIII° siècle, les bandits de grands chemins qui s'en prenaient aux biens de l'État pour en redistribuer une partie aux pauvres étaient considérés comme de véritables héros populaires. Le temps passant, ces bandes vont édicter un code de conduite reposant sur la fidélité entre ses membres et une opposition farouche au gouvernement. Cela allait donner naissance dans les années vingt au « Vory v zakone » ou « voleurs dans la loi », qu'il faut interpréter comme la loi propre à cette pègre et non le Code pénal... Cette grande pègre allait se distinguer par un argot (Fenya) que l'on retrouve au sein des services secrets (toit, couverture, torpédo, cordonnier, etc.), des tatouages très particuliers indiquant le rang de son porteur au sein de l'organisation, et une certaine forme d'organisation (cellules pyramidales en grappe).

Les « vory » (vor est le singulier pour voleur) ne doivent entretenir aucun lien avec les représentants du gouvernement ou de ses institutions, hors de question de servir dans l'armée, de coopérer avec le personnel de la pénitentiaire, ou tout simplement appartenir à un organisme communautaire. Avoir purgé plusieurs peines d'emprisonnement est un plus (le tatouage est alors surmonté d'une couronne, et le nombre de dômes indique le nombre de séjour pénitentiaire). Le « vor » se doit de renoncer à une vie familiale normale, à travailler, et à être propriétaire. Sa seule source de revenus doit provenir d'activités délictueuses... L'entraide est la base de la cellule, le « vor » loge chez le menu fretin, conserve le secret, ne s'adonne pas à la boisson ni au jeu (risque de compromission), et aide les autres « vory » dans le besoin. Le « vor » est un macho, les « Ponyatiya » (règles de conduite) n'autorisent pas le mariage. Si le « vor » peut avoir plusieurs maîtresses, il ne doit ni pratiquer le cunnilingus ni avoir d'enfant. Le « vor » qui trahit ses comparses pour une femme est méprisé et châtié. Cette série de préceptes datant de l'ère soviétique a aujourd'hui presque totalement disparu, et le mélange des genres est devenu monnaie courante. Le « vor » moderne préfère se vêtir de façon neutre, mais, sous le costume sur-mesure d'un maître tailleur, il reste un macho absolu et un fléau pour les polices occidentales.

La structure originelle reposait sur un « parrain » (Krestnii Otets) qui supervisait une « bratva » (brigade) comprenant quatre cellules d'une sizaine de Boyeviky (guerrier) et de « Shestyorkas » (associés, hommes de main), chacune disposant à sa tête d'un « Avtoritet » (l'Autorité). Chaque cellule était placée sous le contrôle de deux « observateurs », un groupe renseignement et un groupe de sécurité composé de « Shestyorkas » chargé d'assurer la couverture (la structure ressemble à un groupe militaire ternaire). Le « kaznachey » (le trésorier du groupe) collectait les revenus du crime et percevait l'« Obshchack », la dîme que les voleurs se devaient de reverser aux « vory v zakone » pour alimenter une caisse d'entraide destinée aux vory emprisonnés. La société de vory ne se cantonnait pas à la Russie, elle s'étendait à : l'Arménie - l'Azerbaïdjan - la Tchétchénie - la Moldavie - la Géorgie - l'Ukraine - Arménie - Kirghizstan - Ouzbékistan - Abkhazie - Ingouchie. Le NKVD (l'ancêtre du KGB) avait réussi à neutraliser ces bandes ethniques, mais en usant de méthodes que réprouveraient tous les États démocratiques.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Staline promit la liberté aux prisonniers qui acceptaient de rejoindre l'Armée rouge, attitude allant totalement à l'encontre de l'esprit des vory qui ont prêté serment de refuser toute faveur aux officiers, gardiens de prison. Un grand nombre allait cependant affluer, certains dans le dessein de contribuer à l'effort de guerre, d'autres de déserter. La guerre terminée, les vory reprirent leurs affaires et connurent de nouveau le camp de travail. Ceux qui avaient accepté de se joindre aux combats étaient considérés comme traîtres par leurs « frères » et désignés sous le nom de « Suka » (salope). Les gardiens des goulags (camps de travail) incitaient les différents groupes à s'étriper entre-eux afin de réguler la population carcérale avant qu'elle ne soit scindée en deux groupes, les « Suka » et les vory. Les luttes faisaient chaque jour plusieurs morts et les vory inculquaient leur mode de pensée et de fonctionnement aux autres détenus. À la mort de Staline, ce fut près de huit millions de détenus qui sortirent des goulags ; nombreux furent ceux à avoir adopté l'esprit des « Suka », prêts à collaborer avec les membres du gouvernement. La corruption allait se répandre parmi la classe des fonctionnaires, la future nomenklatura.

Dans les années 1970-1980, des pans entiers de l’économie souterraine étaient contrôlés par les apparatchiks et autres dignitaires soviétiques. L'ouverture souhaitée par Boris Eltsine allait donner naissance à une nouvelle typologie criminelle. Des membres du KGB, du GRU, de l'Armée rouge et de hauts-fonctionnaires vont à leur mise en congé, se tourner vers les milieux criminels et contribuer à dépouiller le pays pour leur seul profit et intérêts personnels. Les conflits entre « familles » ne sont plus réglés par le « parrain » et la règle du chacun pour soi prévaut. La privatisation « sauvage » de pans entiers de l'industrie russe a permis à certains d'engranger des sommes colossales estimées à près de 50 % de l'économie ayant entraîné une chute du PIB de 46 % sur cinq ans ! « Cela ne leur a pas suffi, ils ont jeté leur dévolu sur les ressources naturelles, le patrimoine national », et d'avoir recours aux fraternités criminelles pour assurer leur protection, au point qu'ils finirent par entrer en concurrence économique avec leurs complices et protecteurs !

L'ouverture des frontières et la possibilité de voyager allait leur permettre de procéder à des transferts d'argent sale vers les banques occidentales. Les paradis fiscaux de servir à la création de nouveaux établissements financiers alimentés par : le trafic de devises - la contrebande de matériel militaire, industriel - le détournement d'aides internationales (affaire Podatev). Même le bureau politique du Parti prit ses dispositions pour placer ses actifs sur des comptes ouverts dans les pays capitalistes via des sociétés-écrans... « Aucune des enquêtes et contre-enquêtes diligentées par le Président et le Soviet suprême sur les malversations et corruptions liées aux privatisations et au sort des biens du parti n’a abouti (1993). » Au mois de septembre, le vice-président de la banque centrale et directeur de la banque du commerce extérieur étaient assassinés, le mois suivant, le vice-président de la banque centrale russe qui avait retiré les licences d’exploitation à 79 banques russes spécialisées dans le blanchiment de ce pillage, fut lui aussi assassiné.

Selon Nourgaliev (ministre de l'Intérieur russe en 2005), la pègre de l'ex URSS se groupe par « corporations » (politiques, militaires, juges, miliciens), secteurs économiques (pétrole, bois, ambre, informatique, etc.), par spécialités (drogues, armes, prostitution, etc.), et en fonction de critères territoriaux ou ethniques formant des clans slaves, caucasiens et asiatiques qui ont développé de puissants liens inter-régionaux et internationaux leur permettant d'opérer : en Europe, au Moyen-Orient, aux États-Unis, en Amérique du sud, bien loin de leur base d'origine. En 2009, on estimait à 200 le nombre de groupes capables d'agir dans une cinquantaine de pays, l'année suivante, leurs effectifs atteignaient 300 000 membres. Le Cercle des Frères, groupe multi-ethnique de l'ancienne URSS, opère en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine !

Bien que certains d'entre eux soient des vory en Europe de l'Est, en France ce sont des hommes de main. Quand ils ne rackettent pas les hommes d'affaires russes installés dans l'Hexagone, les gangs tchétchènes louent leur force de frappe aux vory géorgiens dont ils sont aussi les gardes du corps, à l'image des deux costauds qui protégeaient « Rezo », l'un des vory les plus respectés, arrêté en décembre 2012 à Millau. Jusqu'en mai 2011, on leur connaissait au moins un chef qui régnait sur la communauté de Nice, leur « capitale » française. Abdullah Erzanukayev, 56 ans, a été abattu de deux balles de calibre .22 long rifle, l'une dans le front l'autre en plein cœur, alors qu'il dînait chez un Géorgien en compagnie d'un vor arménien éliminé en même temps que lui. Abdullah Erzanukayev, surnommé l'«Autrichien », avait été entendu dans l'affaire Kama Trade, une société installée sur les Champs-Elysées soupçonnée de blanchiments. Ce réfugié politique pro-indépendantiste de la Tchétchènie, avait pris ses quartiers à Nice après un passage par la case prison.

En 1995, le vice ministre de l'Intérieur Russe a déclaré : « La mafia moscovite est capable de livrer des matières nucléaires ... elle en possèderait même suffisamment pour fabriquer une bombe cinq fois plus puissante que celle d'Hiroshima ». Un rapport du Ministère russe faisait état de 5 600 groupes criminels forts de 100 000 membres au service de la « pieuvre rouge » qui contrôlerait près de 48 000 entreprises, 1 500 établissements publics et 800 établissements financiers. L'enquêteur russo-arménien Telman Glyan connu pour sa probité lançait un avertissement : « ce n'est plus le spectre du communisme qui hante l'Europe, mais l'ombre de la mafia de l'ex-URSS. Prenez garde, ces gens là sont beaucoup plus dangereux que vos criminels. En Europe occidentale, des règles du jeu se sont établies au fil des siècles, y compris dans le monde criminel. Chez nous, il n'existe aucune règle ».

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samedi 2 décembre 2017

Les dauphins, auxiliaires des flottes américaine et russe


Après la chute de l'Union soviétique et le partage de la Flotte de la mer Noire entre Moscou et Kiev, l'unité militaire des mammifères marins passa sous le contrôle de l'Ukraine qui l'affecta à la delphinothérapie destinée aux enfants atteints de troubles psychiques, puis de la réaffecter en 2012 à un programme militaire. Le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie intervenu le 18 mars 2014 inversa la « donne ». La Russie récupérait les dauphins militaires et l'infrastructure de l'océanarium d'État de Sébastopol. Un mois plus tard, l'US Navy déployait vingt dauphins et dix d'éléphants de mer acheminés par avion spécial pour participer à des manœuvres de l'OTAN en mer Noire. Leur mission ? tester un système de contre-mesures destiné à tromper les sonars adverses.

C'est la Suède qui eut l’idée, en 1942, d’utiliser des animaux marins pour couler les U-booten allemands. Des phoques porteurs d'une charge magnétique sous-marine devaient venir se placer sous les coques des sous-marins, la charge d'exploser en présence de la coque métallique. Les recherches tombèrent dans l'oubli avant d'être reprises par The Naval Undersea Research Development Center Point Mugu (Californie) qui lança the US Navy Marine Mammal Program en 1960. Les premiers articles sur le programme parurent en 1965 et de nombreuses idées fuitèrent sur l'objet des recherches : repérer les mines sous-marines, l'épave d'un avion, des plongeurs, récupérer du matériel au fond de la mer, attaquer des plongeurs en leur arrachant leur détendeur, couler les navires adverses. En 1970, le projet « Quick Find » avait pour objectif le dressage d’otaries et de dauphins destinés à la récupération des éléments de fusées tombés en mer. La liste des missions ne cessa de s'étoffer : protéger les bases navales contre une intrusion, les porte-avions, filmer les pipelines sous-marins et les câbles téléphoniques, etc.

Pour qu'un animal puisse remplir ces missions, il se doit de posséder des récepteurs sensoriels performants car la vue est de peu d'utilité au-delà d'une centaine de mètres de profondeur. Le choix se porta vers le Grand dauphin, un mammifère qui vit dans toutes les mers chaudes et tempérées, bien connu pour sa curiosité et son intelligence. Le dauphin capable de se déplacer à 40 km/h ne possède pas la vision binoculaire, il n'a pas le sens du relief, par contre son spectre sonore est très étendu, il perçoit les sons compris entre 220 hz et 250 kHz ! plonge à quelques centaines de mètres de profondeur, comprend 150 mots, à une conscience de soi (le dauphin a un coefficient d’encéphalisation de 5, l'Homme 7, le chimpanzé 3.3, et il se reconnaît dans un miroir, capacité rare dans le monde animal) base d'une forme d'altruisme entre congénères, et possède un langage propre à chaque espèce. Le dauphin utilise les basses fréquences pour communiquer (chants), et des clics pour l'écholocation qui peut atteindre 600 clics/sec et 220 décibels ! Il communique également par son comportement corporel : sauts, claquement des nageoires, etc., est sensible au toucher (il semble apprécier de vivre collé à ses congénères et les caresses de son soigneur), mais ne possède guère le sens de l'olfaction (l'eau filtrée par l'évent est « goutée » et non sentie).

La série Flipper le dauphin diffusée dans les années soixante a été à la base de l'anthropocentrisme (dont Vladimir Markov est un des tenants) pour ce mammifère qui reste un animal sauvage. Capturé au large, il doit être dressé pour : la tâche à laquelle on le destine - obéir aux directives de son soigneur (gestes, comportements, attitudes, sifflet à ultrasons) et au rappel - traduire ses réactions en forme de réponse. Comme pour le chien, le dressage ou éducation repose sur les réflexes pavloviens. L'animal est mis à la diète afin de l'inciter accepter la nourriture offerte par l'homme, et la suite requiert plus d'un millier de séances d'entraînement dans des bassins de plus en plus grands avant de lâcher l'animal en pleine mer. Pour s'assurer de son retour, son rostre est coiffé d'une « muselière » qui l'empêche de se nourrir, le rendant ainsi dépendant de son instructeur pour sa pitance ! Le programme a également intégré des otaries retenues pour leur ouïe fine et leur vision dans les eaux troubles. Si on bande les yeux d'une otarie placée dans un bassin dans lequel se déplace un nageur, elle est capable d'en retracer le parcours grâce à ses vibrisses !

US Navy posséderait quatre-vingt dauphins, une trentaine d'otaries, et consacrerait un budget annuel de vingt millions de dollars à ce programme. Les dauphins formant le gros des « troupes » est basé à San Diego (Californie) où ils vivent dans des enclos linéaires..., d'où ils peuvent être extraits et transportés suspendus dans leur hamac partiellement submergé dans un réservoir d’eau, n'importe où dans le monde en 72 heures ! Le 11 avril 2017, Makai, un dauphin âgé de 46 ans relevant de l’Explosive Ordnance Disposal Mobile Unit Three de Coronado (Californie) qui avait été capturé en 1974 au large de la Floride et déployé dans le golfe Persique en 2003, a dû être euthanasié.

La première utilisation de ces supplétifs sur un théâtre d'opération fut le Vietnam (1971- 1972), Bahrein (1986-1987), le Golfe lors des conflits en Irak, « Blue game » en 2001 pour localiser les mines sous-marines datant de la Seconde Guerre mondiale au large de la Norvège, en 2003 pour déminer le port d'Umm Qasr et permettre le passage d'un navire transportant de l’aide humanitaire.

Ce genre de recherches ne pouvait laisser les Soviétiques indifférents. Le programme d'entraînement des dauphins au sein de la Marine soviétique a été lancé en 1973 à Sébastopol. Quel changement du côté russe ! jusqu'en 1966, les dauphins de la mer Noire étaient pêchés pour finir sur une table ! Au moment de la dissolution de l’URSS, cette dernière possédait 150 grands dauphins, bélugas, orques (espèce plus adaptée aux eaux froides) et une cinquantaine d'otaries. L'Ukraine connaissant de sérieuses difficultés économiques, se résolut à vendre des dauphins à l'Iran (2000) ! Au mois de mars 2016, la marine russe a lancé un appel d'offres pour l'achat de deux femelles et trois dauphins mâles pour un montant de 1,75 million de roubles (22 300 euros).

Ces programmes qui furent tenus longtemps secret a fait l'objet de nombreuses controverses, comment des dauphins seraient-ils capables de faire la différence entre un navire allié et ennemi (présence d'un transpondeur, signature sonore ?), d'autre part, le dauphin ne semble pas prêt à se sacrifier pour faire sauter un bâtiment, et rien n'a filtré sur les contre-mesures possibles, si l'orque est l'ennemi des dauphins, tous les mammifères restent sensibles à des contre-mesures acoustiques.

L'USNavy envisage le déploiement d'un réseau de Low Frequency Actif Sonars capable de couvrir près de 80 % des océans afin de détecter la présence de sous-marins ; appareil qui pourrait brouiller l'écholocation utilisé par de nombreux animaux marins. Le système LFAS d'une puissance de 240 décibels émet des ultrasons qui atteignent encore à 480 kilomètres de leur source, une puissance de 120 décibels. Des essais de ce sonar ont été mis en cause après les échouages et décès de cétacés en Grèce, au Bahamas et dans les îles Canaries. Les animaux autopsiés ont révélé quils avaient succombé à des hémorragies de l'oreille interne.

Les scientifiques savent encore peu de chose sur la nocivité des ultrasons basses fréquences sur les cétacés (à moins qu'ils ne préfèrent se taire..., car l'acoustique sous-marine est étudiée par toutes les Marines du monde). En 1998, le rapport commandé par le Conseil de défense des ressources naturelles à l'USN sur l'impact de ces sonars sur la vie marine, fait mention d'étourdissements et de vertiges sur des baleines situées à environ 500 mètres de la source ultrasonore. D'autres séries d'essais effectuées au large des îles d'Hawaï eurent pour conséquence d'éloigner la présence des baleines et d'attirer une concentration anormale de requins marteaux ! Le débat est loin d'être clos, mais il reste étrange de découvrir après des manœuvres de l'OTAN, un nombre anormal de baleines ayant succombé à des hémorragies cérébrales (douze baleines en 1996 en Grèce et quinze en septembre 2002 aux îles Canaries).


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lundi 20 novembre 2017

« Les paradis fiscaux, c'est terminé ! »


The Queen aurait investi 11 millions d'euros aux îles Caïmans et aux Bermudes ! Comble de l'ironie, David Cameron avait placé la lutte contre l'évasion fiscale au cœur de sa présidence 2013 du G8. La City abritait alors 2 500 billions d'euros de dépôts offshore ! Quatre années plus tard, le total des avoirs détenus dans des paradis fiscaux atteindrait 7 900 billions d’euros… Are you shocked ? Il circule de par le monde des capitaux sans qu'on en sache rien ou pas grand chose. Les grandes multinationales (Nike, Apple, Facebook) et les grandes fortunes profitent de mesures d'optimisation fiscales pour placer légalement une partie de leurs avoirs dans des comptes offshore. Selon l'économiste Gabriel Zucman, l'évasion fiscale coûterait 20 billions à la France.

En 1998, la Mission d'information parlementaire déclarait : « A l'heure des réseaux informatiques d'Internet, du modem et du fax, l'argent d'origine frauduleuses peut circuler à grande vitesse d'un compte à l'autre, d'un paradis fiscal à l'autre, sous couvert de sociétés offshore, anonymes contrôlées par de respectables fiduciaires généreusement appointées ». En juillet 2 000, l'Organisation pour la Coopération et le Développement annonçait qu'elle prendrait des mesures utiles contre les pays qui maintiendraient le secret bancaire. En 2001, le Groupe d'Action Financière (créé lors du G7 de Londres en 1999) dressait deux listes des pays les moins coopératifs en matière de lutte contre l'argent sale. Liste noire : les Bahamas - îles Caïmans - les îles Cook - La Dominique - Israël - Liban - Liechtenstein - îles Marshall - Panama - Niue - Nauru - Philippines - Russie - St Vincent Grenadines - St Kiits et Nevis. Liste grise : Antigua Barbuda - Belize - Bermudes - Îles vierges - St Lucie - Samoa - Chypre - Gibraltar - Guernesey - île de Man - Jersey - Malte - Monaco - Île Maurice.

L'ensemble des paradis fiscaux représentait 4 000 banques offshore et deux millions de sociétés relais ou écran qui drainaient plus de 5 000 billions de dollars. L'administration fiscale française considérait comme paradis fiscaux : Andorre, Autriche, Campionne, Grèce, Irlande, le Vatican, le Luxembourg. Autres pays parfois pointés du doigt : Jordanie, Hong-Kong, Costa-Rica, Émirats, Liberia, Nouvelles-Hébrides. Si nombre de ces pays ont disparu de la liste établie par le GAFI, la situation est loin d'être apurée. Il suffit qu'une seule grande puissance financière ait un intérêt à conserver un paradis fiscal dans son giron pour se livrer elle-même à des transactions douteuses. Les exemples ne manquent pas : l'affaire des vedettes de Taïwan, la livraison d'armes à l'Iran, l'implication de la banqueroute de la Bank of credit and commerce international, etc. Les banques du koweït et d'Arabie Saoudie bénéficient d'une immunité souveraine liée aux familles elles-mêmes régnantes (cela est en passe de changer).

Si l’optimisation fiscale permet de payer le minimum d’impôts dans un pays tiers, l'origine des fonds alimentant l'évasion fiscale (illégale) est très diverse : trafics en tous genres (êtres humains, armes, produits, œuvres d'art, armes, etc.) - Racket, chantage, extorsion - Contrebande (produits à forte valeur ajoutée) - Criminalité violente (attaque à mains armées, enlèvements) - Criminalité astucieuse (escroqueries, détournement de subventions, fraude fiscale) - Pots de vin, commissions occultes - Caisse noire de partis politiques, société, États - Détournement d'embargo, de fonds à des fins personnelles, transmission d'héritage, etc. Les activités de blanchiment représentent une activité importante de l'économie. Quand un délinquant prend une licence bancaire, cela engendre des revenus pour l'État, et quand un criminel crée un réseau de sociétés de façade, il « monte » de véritables sociétés. Ces sociétés créent des emplois, paient des charges, et les États hébergeurs tirent profit de cette économie délictuelle. La notion de paradis fiscal repose sur le principe de la souveraineté nationale des États. Paradoxalement, c'est la dérégulation et une législation des grands pays qui sont à l'origine de ces paradis fiscaux. Chaque grande zone a les siens, les Caraïbes pour l'Amérique du Nord, les îles Anglo-normandes et les micros-états pour l'Europe, et le pacifique pour l'Asie. Les capitaux déposés dans le giron britannique (les Caïmans, îles anglo-normandes, Man, îles Vierges britanniques, Gibraltar, Hongkong, Irlande ou Dubaï), approvisionnent la City. En France, le régime de défiscalisation et celui des niches fiscales sont assimilables à de micro paradis fiscaux.

Certains États ne classent pas cette lutte au rang de leurs priorités nationales, la combattre reviendrait à écrouler tout un pan de l'économie du pays. La crise financière survenue à Chypre en mars 2013 a montré comment un système offshore (Les affaires ne transitant pas par le pays d'accueil, cela évite qu'un nom de fondateur ou d'administrateur n'apparaisse) peut avoir des répercussions énormes sur la stabilité d'un État. En dehors des traités bilatéraux (la France a signé près de 1000 traités de par le monde), toute enquête n'est possible qu'avec l'accord de l'État d'accueil, et plusieurs pays estiment qu'ils ne peuvent être tenus pour responsables des systèmes fiscaux en vigueur dans d'autres pays, toute demande d'enquête se heurte à une fin de non recevoir ou à un manque d'alacrité certain. D'autre part, l'entraide judiciaire entre certains pays reste très encadrée. Il faut, et ce même en matière de terrorisme, que le montage financier vise une escroquerie en matière fiscale. La coopération recèle parfois des chausses trappes. À propos du secret-défense invoqué dans l'affaire Elf, les juges Français ont demandé à leurs homologues suisses au titre d'une convention du 22 mars 1972 signée entre la « Sécurité militaire » et la section du maintien du secret auprès de l'état-major helvétique, fixant une équivalence des niveaux de protection entre les deux pays, la communication des documents en leur possession. En effet, cette équivalence ne concerne que les échanges d'informations entre les deux armées et ne saurait s'appliquer à un contrat commercial...

Une première idée qui vient à l'esprit pour lutter contre l'argent « sale », la mise en place d'un système financier reposant sur des chambres de compensation qui permettraient de suivre les flux financiers, mais la mesure resterait insuffisante. Chacun sait que les financiers sont toujours à l'affût de capitaux, aubaine que les criminels de tout acabit s'empressent d'en profiter. Il ne faut donc pas s'étonner de retrouver sur les marchés spéculatifs (le Monep pour ne pas le citer), une importante partie de ces sommes, marché sur lequel l'argent va perdre ses origines douteuses et réapparaître au grand jour légalement.

Un système beaucoup plus ancien peut aussi être utilisé pour effectuer des transferts de fonds anonymes, la « Hawala ». Cette pratique basée sur la confiance remonte aux empereurs de la Chine ancienne afin d'éviter aux commerçants empruntant la route de la soie d'être " dépouillés " de leur argent. Une personne dépose une certaine somme chez un agent de change qui lui remet un reçu numéroté anonyme (une lettre suivie de quatre chiffres pour les sommes inférieures à 500 $), et un mot de passe. Il suffit ensuite à l'agent de change d'avertir son correspondant par e-mail ou par fax pour qu'un tiers puisse se présenter et retirer les fonds, soit en présentant le reçu numéroté, soit en révélant le mot de passe. La transaction effectuée est aussitôt effacée. Bien que cette pratique soit illégale dans nombre de pays, elle n'en constitue pas moins tout un pan de leur économie. Au Pakistan, on estime à plusieurs milliards de dollars le volume de ces transactions qui sont « noyées » avec celles des travailleurs indiens, pakistanais, philippins et du sud-est asiatique émigrés.

Quel que soit le type d'activité, légale ou illégale, dès qu'elle atteint une certaine ampleur, on a recours à un ensemble de sociétés légales qui permettent de dissimuler les revenus d'activités, d'en disposer légalement après blanchiment. Dans une chaîne délinquante, seules les personnes à la base de l'activité illicite doivent blanchir les capitaux, les intermédiaires n'ont pas ce souci. Leur activité économique et de façade étant tout ce qu'il y a de plus légale, ils perçoivent leurs honoraires qui constituent leur chiffre d'affaires. Pour dissimuler les transferts de capitaux, on crée de véritables sociétés qui serviront de paravent à travers un montage complexe de sociétés relais. Ce qui intéresse ces sociétés de papier, ce sont les registres de commerce, le papier à en-tête, les comptes bancaires, et les possibilités offertes pour les transferts de capitaux. Il devient possible de commercer en établissant de fausses factures, en surestimant ou sous-estimant les montants de celles-ci pour que la différence ou le bénéfice réalisé sur la TVA puisse être déposé au passage sur un compte secret. Cela est encore rendu plus facile par les zones franches exemptes de contrôles douaniers et fiscaux, qui permettent la re-facturation à l'exportation. Les zones franches de certaines banlieues Françaises sont de mini paradis fiscaux que les gangs locaux peuvent mettre à profit pour bénéficier d'exonérations fiscales et sociales en provenance d'argent sale. Il s'agit parfois simplement d'un jeu d'écritures, puisqu'il n'y a aucune marchandise en circulation.

Une technique resplendissante de simplicité, le faux procès. La somme à blanchir est déposée sur un compte dans une banque offshore en attendant de servir de règlement à un procès monté de toute pièce. La société qui veut rapatrier les fonds intente un procès à la société détenant les capitaux, bien souvent, un arrangement à l'amiable est négocié entre les avocats et la justice. La société perdant son procès verse ensuite les sommes convenues à l'autre partie. La société qui aura gagné le procès n'aura même pas à payer d'impôts sur les sociétés. Le bénéfice est donc supérieur à ce qu'il serait avec des fonds sur lesquels il aurait fallu s'acquitter des impôts sur les sociétés ! On peut tout aussi bien avoir recours à des sociétés offshore situées dans un paradis fiscal. La réglementation permet l'implantation de banques, compagnies d'assurances, sociétés relais ou écran, l'ouverture de compte à chiffre anonyme. Les sociétés panaméennes ont été fréquemment utilisées en Suisse en raison de la possibilité à pouvoir utiliser les deux sigles SA ou AG. Pour semer ensuite la confusion, il suffit que la société mentionne une ville et de supprimer la mention du siège à Panama ! Pendant longtemps, il fut possible de créer rapidement et par Internet, une société pour quelques milliers de dollars ! (forfait pour les impôts et 600 dollars de frais de gestion).

Cette guerre occulte sur les places financières a aussi des morts. Le 15 mai 2001, l'administrateur d'une société suisse décédait dans l'explosion de son véhicule. Les policiers avaient dû protéger l'« homme qui valait 7 milliards », un informaticien monégasque employé par HSBC à Genève qui avait dérobé les données clients couvrant 2006-2007, et d'offrir ses services pour décrypter le « shadow banking » (marché financier parallèle) qui « transforme la planète en casino et facilite le blanchiment d'argent sale ».

Pour Pascal Saint-Amans : « La solution est politique : concrètement, comment convaincre par exemple les Irlandais d'accepter une "frontière fiscale" avec les îles Caïmans ?  Que leur proposer pour qu'ils cessent d'être un cheval de Troie des paradis fiscaux ? (...) Il faudrait qu'Emmanuel Macron et Angela Merkel se mettent d'accord pour nettoyer le truc. Qu'ils mettent les vraies questions sur la table, qu'ils disent aux Néerlandais, aux Irlandais, aux Luxembourgeois que la situation n'est plus tenable, et que si rien ne change, il faut s'attendre à d'autres Brexit. »


mercredi 1 novembre 2017

La psychologie de l'aveu & l'erreur judiciaire

Le 17 mai 1983, le corps de madame Seban est découvert dans la penderie à son domicile de Caderousse (Vaucluse). Elle a été tuée par un projectile 22LR tiré avec la carabine appartenant à son mari. Les soupçons se portent rapidement sur Philippe Gantois, légionnaire au 1° Régiment de cavalerie d'Orange. Son frère et sa belle-sœur signent le PV dans lequel y est écrit que Philippe leur a confié être l'auteur du crime. Le 6 mars 1985, le frère et la belle-sœur reviennent sur leur déposition, ils affirment devant le tribunal que les gendarmes les ont menacés de les incarcérer et de placer leur enfant à la DDASS ! Gantois revient lui aussi sur ses aveux, d'expliquer que les gendarmes l'ont frappé et menacé de le torturer à l'électricité avant de le jeter dans le Rhône ! Le jury condamne cependant Gantois à 15 années d'emprisonnement ! La Cour de Cassation ayant annulé le jugement, un nouveau procès eut lieu les 20 et 21 juin 1986 devant la Cour d'assises de l'Isère. Les défenseurs de Gantois firent le procès des investigations conduites par la gendarmerie et parvinrent à faire reconnaitre l'innocence de leur client.

Cette affaire sera à l'origine de la réforme judiciaire permettant aux condamnés d'interjeter appel devant une Cour d'assises. En se fourvoyant et en accusant à tort un innocent, la justice n'a plus à rechercher le véritable coupable. « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que condamner un innocent » (Voltaire). Les droits de l'individu sont souvent bafoués lors d’un interrogatoire et les conditions de son déroulement ébranlent la personnalité et les capacités de n'importe quel citoyen. Le moindre signe de faiblesse sera exploité pour le manipuler et prendre l'ascendant sur son esprit.

Le policier doit faire parler la personne afin d'obtenir d'elle des informations qu'elle a peut être l'intention ou intérêt à taire. L'interrogateur est un acteur qui écrit ses propres dialogues et joue différents rôles, il peut se transformer en « père », en juge, en « grand-frère », etc. L'interrogateur doit motiver la personne interrogée afin d'en obtenir la coopération la plus complète possible. L'interrogateur commence par se situer socialement à l'autre, cela se fait généralement par le rapprochement de points communs qui ne servent qu'à briser la glace et à faciliter la prise des repères sociaux. La collaboration pleine et entière de la personne auditionnée n'est jamais acquise totalement ni définitivement. Des réticences, voire une résistance nouvelle peut apparaître surtout s'il s'agit de questions embarrassantes appartenant au domaine de sa vie privée. La collaboration peut être partielle, sélective, déniée et remise en cause devant le juge d'instruction ou le tribunal.

L'état émotif peut parasiter l'interrogatoire, l'interrogé formule des réponses évasives, fait montre d'une difficulté à fixer son attention, ne parle que pour son propre compte, ou bien est incapable de répondre : étranger, muet, ou muré dans le silence. Le mutisme peut être absolu, partiel, continu ou intermittent, volontaire ou involontaire. L'intelligence a un effet sur les capacités de jugement, le raisonnement, l'attention, et une répercussion sur la capacité d'imagination, imagination qui peut être diminuée, accrue, pervertie (erreur, délire). Le langage est généralement associé à l'intelligence, l'interrogateur peut y déceler des éléments significatifs de la personnalité (prétention, timidité, etc.). En ce qui concerne la modification de la voix au cours de l'interrogatoire, cela peut traduire le trouble, le doute, la crainte ou trahir l'histrionisme.

Le choc de l'arrestation peut suffire chez certains à déclencher une bouffée délirante ou un état maniaque : mégalomanie, humilité, indignité, auto-accusation, persécution, jusqu'alors passé inaperçu. Une personne souffrant de confusion mentale éprouve l'incertitude et présente une désorientation dans le temps et l'espace, ses réponses peuvent être : vagues, embrouillées, incohérentes, et elle éprouve la plus grande difficulté à fixer son attention. La logorrhée peut venir contaminer l'inter-relation et l'interrogé confondre les périodes, les faits, les lieux. Un étude de Binet a établi que les erreurs dans un interrogatoire peuvent osciller entre 26 et 60 % !

La mémoire d'un individu peut être exagérée, diminuée, être plus ou moins sélective pour n'atteindre que certaines parties du vécu, pervertie (jamais vu, déjà vu, déplacement dans le temps, lieux), abolie (amnésie globale ou lacunaire pouvant favoriser une affabulation ou suggestibilité). L'impossibilité à se souvenir d'un acte, de la chronologie de son exécution est souvent le signe d'obtusion, d'obnubilation, ou d'une amnésie de fixation, sans oublier les dysfonctionnements ou infirmités, le sourd ne peut parler de ce qu'il a entendu, ni l'aveugle de ce qu'il a vu.

Les interrogateurs vont tenter de susciter chez l'individu le désir de parler, de s'expliquer, de se justifier. Tout enquêteur sait que la première chose à faire pour inciter une personne à parler est d'entraîner chez elle un état de dissonance cognitive en l'obligeant à soutenir, en même temps deux idées ou deux opinions inconciliables, comme l'honnêteté et la déshonnêteté, le bien et le mal, etc., (études de Festonner et Carlsmith). La situation étant désagréable, l'individu cherche à faire disparaître la tension par tous les moyens à sa disposition, et cela lui sera d'autant plus facile que l'interrogateur va lui proposer des circonstances minorantes : « parlez, le juge en tiendra compte, à votre place j'aurais agi de même », etc., et la tension du moment venir s'opposer à tout auto-contrôle

L'interrogatoire est une situation limite dans laquelle l'interrogateur est à l'origine chez l'interrogé de mécanismes de défense plus ou moins bien adaptés à la situation. L'enquêteur qui empêche un citoyen de quitter le commissariat, d'aller aux W-C, de fumer, de se reposer, etc., contribue à l'apparition d'un stress actif externe, tandis que la tension psychique entre les besoins contradictoires (la gêne à mentir par exemple) peut être à l'origine d'un stress interne.

L'attitude psychologique de l'un ou l'autre des protagonistes peut transformer la situation, et l'interrogé de traduire :
  • une attitude hostile empreinte de colère dirigée vers autrui ;
  • se culpabiliser et retourner l'agressivité vers lui ;
  • une réaction d'embarras en cherchant à concilier les différents points de vue en cause.
La réaction de l'individu peut se modifier au cours de l'interrogatoire. L'individu peut commencer par se culpabiliser, puis agacé par la situation, son agressivité apparaître et entraîner une réaction hostile. L'inverse est tout aussi possible. D'autre part, un individu peu combatif, naïf, immature pourra ne pas prendre parfaitement conscience de ce qu'il risque et se « déboutonner ».

Voici la sainte trinité de nombre d'interrogateurs pour déstabiliser l'interrogé : la culpabilité qui va entraîner une mauvaise conscience - la faute qui est susceptible d'entraîner la honte - la crainte ou la peur. Rappelons que la culpabilité naît du non respect d'une loi, tandis que la honte serait plutôt une entorse à la loi morale capable entraîner à son tour une douleur morale. Il est possible d'avoir honte sans pour cela éprouver la moindre culpabilité. Les raisons pour entraîner la honte chez l'interrogé ne manquent pas : utilisation de certains comportements connus de sa vie privée, l'obliger à laisser la porte des toilettes ouverte et placer un garde pour le surveiller, utiliser une infirmité, un complexe, faire rejaillir sur lui la honte d'une famille, lui faire éprouver la honte d'avoir honte. L'individu peut aussi se sentir honteux de s'être laissé piégé ou d'avoir peur. La honte est une arme redoutable, puisqu'il est possible d'entraîner chez une personne un sentiment de honte alors qu'elle pensait faire le bien.

« La situation n'a de réalité que par la représentation que l'on s'en fait et de la propre estime que l'on a de soi. » Pour éprouver de la culpabilité, point n'est besoin que l'interrogé ait transgressé les lois, il suffit qu'il est transgressé un interdit, ne fusse que culturel. La culpabilité naît d'un conflit entre le Moi et le Sur moi. L'individu peut aussi ressentir cette culpabilité d'avoir peur comme une faiblesse et ne pas tarder à avoir honte de se sentir coupable. On notera que l'appartenance éthique a une répercussion sur le ressenti de la honte ou de la culpabilité. Les civilisations africaine et asiatique seraient plus sujettes à la honte, et la civilisation occidentale à la culpabilité.

Les policiers sont susceptibles d'employer plusieurs techniques, en voici quelques-unes :
Le Choc psychologique : la personne arrêtée qui est sous l'emprise d'un choc émotionnel est interrogée immédiatement.
La Perte de dignité : le fait que le suspect se voit privé de ses lacets, ait été dépossédé de sa cravate, sa ceinture, ses lunettes, et soit passé à la fouille, voilà déjà de quoi le diminuer psychologiquement et lui faire comprendre qu'il ne tient qu'à lui que cette situation ridicule ne cesse.
Le Feu rapide : l'interrogateur pose des questions les unes derrière les autres sans attendre les réponses du suspect pour le déstabiliser et à le frustrer de la parole coupée. l'interrogé va être sur la défensive et finir par se contredire.
La Provocation : technique blâmable qui vise à provoquer le suspect pour qu'il commette une faute (coup et blessure, rébellion, bris de matériel), faute qui deviendra un atout policier.
Les Remords : reposent sur le sentiment de culpabilité d'avoir fait quelque chose de mal chez les personnes socialisées ou religieuses. « Comment pourrez-vous vivre avec un tel pêché sur la conscience ? » Inutile de dire que cette approche ne fonctionne pas avec des psychopathes ni avec des individus ayant des valeurs diamétralement opposées.
Prouvez votre innocence ! : On dit à l'individu qu'on ne le croit pas et qu'il lui revient de livrer des détails prouvant ce qu'il avance.
Promesse mensongère : approche blâmable, un fonctionnaire de police ne dispose d'aucun moyen pour tenir certains engagements. L'affaire sera instruite par le juge d'instruction et ensuite débattue contradictoirement devant le tribunal. En aucun cas les magistrats se sentent engagés par les promesses des policiers.
La fatigue : le suspect est appelé au milieu de la nuit pour être interrogé quelques minutes avant d'être renvoyé en cellule, pour de nouveau être rappelé quelques instants plus tard, ou lui fait tenir une position fatigante.
Audition à décharge : l'enquêteur dit que son audition est à décharge ou qu'il ne lui appartient pas de juger. Il tente de réunir les éléments en faveur de l'interrogé et semble disposé à atténuer la responsabilité.
La Crainte des retombées : elle s'appuie sur la « publicité » que l'acte va déclencher sur l'interrogé, ses proches, ses affaires, et qu'il est préférable de parvenir à une solution.
La Dramatisation : l'interrogateur tient un discours paternaliste : « Si vous êtes vraiment coupable, vous allez avoir besoin d'un bon avocat, et pas n'importe lequel. Il faudra prendre le meilleur qui soit pour avoir une petite chance de ne pas en prendre pour le maximum. Si vous êtes innocent, cela va vous conduire à jeter l'argent par les fenêtres, et le juge pensera peut être que pour prendre un bon avocat, c'est que vous êtes impliqué lourdement, et renoncer à un ténor, c'est aussi la certitude d'en prendre pour le maximum. Il ne tient qu'à vous de minimiser votre participation, c'est de me raconter l'histoire ».
A la limite des conventions humanitaires : sous alimentation, retarder les besoins naturels, de soins, privation de sommeil, privation de tous ses vêtements, l'isolement, le respect d'un règlement mesquin dont la moindre omission entraîne des sanctions, des brimades, voire des sévices.

Certaines de ces pratiques peuvent conduire la personne interrogée à l'auto-mutilation ou au suicide. Parmi les individus les plus à risque : l'intoxiqué, le drogué, le mélancolique, l'halluciné, le mystique, l'épileptique, le déséquilibré. Des signes précurseurs peuvent exister : refus d'alimentation, mutilation, avilissement, prosternement, phrase en suspens. Le calme apparent de l'individu peut être le signe d'une décision déjà prise. Un seul moment d'inattention suffit pour le passage à l'acte.

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dimanche 22 octobre 2017

L'arme équipée d'un silencieux sera-t-elle la nouvelle arme du « Diable » ?


Le 1 octobre 2017, Stephen Paddock qui occupe une chambre au 32° étage du Mandalay Bay de Las Vegas (Nevada) tire à l'arme automatique depuis sa chambre après en avoir brisé deux vitres, sur la foule distante de 360 mètres venue assister à un concert de country. La fusillade va durer une dizaine de minutes et le tireur tuer 59 personnes et en blesser 515 avant de se suicider, mettant ainsi un terme à son carnage. Hillary Clinton a déclaré : « Imaginez le nombre de morts si le tireur avait eu un silencieux comme la National Rifle Association veut en faciliter l'obtention»

Les utilisateurs de silencieux se trouvent repartis dans plusieurs catégories : les tireurs sportifs qui ne veulent pas troubler le voisinage, ceux qui ne veulent pas finir sourds, les snipers et tireurs d’élites des groupes d'interventions qui ont parfois pour mission de neutraliser une personne sans que ses complices puissent deviner d’où le coup est parti, catégories auxquelles viennent s’ajouter les personnes aux motivations peu avouables : braconniers, criminels et psychopathes.

Bien que le terme silencieux ne fasse pas l’unanimité chez les puristes, ces derniers préférant le terme de modérateur de son car le son n’est pas totalement supprimé mais seulement réduit, nous l’emploierons l’un pour l’autre en sacrifiant à l’usage. Le silencieux permet non seulement de réduire le bruit qui sera d’autant plus masqué que le bruit ambiant sera plus élevé (si l'arme du tueur avait été pourvue d'un « silencieux », le bruit du concert aurait couvert le bruit résiduel, mais certainement pas pour l'occupant d'une chambre voisine) - il altère le son en le rendant moins significatif - rend la localisation plus difficile - fausse l’appréciation de la distance d’où le coup est parti. D'autre part, le silencieux se comportant comme une cavité résonnante, va modifier la fréquence initiale de l’explosion (voisine de 700 Hz pour un fusil et du double pour un pistolet). Cette modification plus ou moins prononcée contribue à la non-reconnaissance d‘un tir lorsque la distance est supérieure à une cinquantaine de mètres, phénomène en cause lors de l'attentat du président J.F.K. A noter que le silencieux tient lieu de cache-flamme de bouche, flamme qui pourrait trahir l’emplacement du tireur. Contrairement à une idée répandue, un tireur formé correctement ne se placera jamais dans l'embrasure d'une ouverture...

Le véritable développement d'une arme à feu silencieuse apparaît lors de la Seconde Guerre mondiale. Les commandos ont alors besoin d'une arme capable de tuer une sentinelle à distance (fusil de Lisle). Si les commandos avaient besoin d'une arme d'épaule, les agents opérant en territoire occupé avaient eux besoin d'une arme de poing, cela donnera le pistolet silencieux Welrod. Le silencieux est constitué du canon ajouré de l'arme, suivi d'une chambre « élastique » composée de rondelles de caoutchouc percées en leur centre, le tout entouré d'un manchon métallique. Il s'agit d'une arme à répétition manuelle disponible en trois calibres : .32, 9 mm et .45. Le principe à répétition manuel a été retenu pour sa fiabilité de fonctionnement, car l'adjonction d'un silencieux réduit la pression des gaz qui peut devenir insuffisante pour faire reculer la culasse et être à l'origine d'un incident de tir (il faut réduire la force du ressort récupérateur).

L'adjonction d'un silencieux n'est pas sans avoir une incidence sur la puissance de la munition utilisée. La balle en calibre .45 voit sa vitesse réduite à 200 m/sec, son énergie tomber à 14 kgm (environ 140 joules) et son niveau sonore à 120 dB. L'énergie disponible restante est inférieure à celle d'une .22 LR subsonique ! La guerre terminée, la Central Intelligence Agency va doter ses tueurs et ses pilotes d'un pistolet silencieux semi-automatique High Standard en calibre .22, arme qui équipe aussi nombre de snipers pour assurer leur sécurité personnelle. Contrairement à ce que nous montre le cinéma, l‘utilisation conjointe revolver-silencieux est quasi inutile, les gaz refoulés vers l’arrière s’échappent par la feuillure du canon et du barillet.

L'utilisation conjointe d'un silencieux sur une arme automatique n'est possible qu'avec une arme ayant reçu des modifications lors de sa fabrication (troisième génération ou plus). Pour l’utiliser un silencieux sur une arme disposant d'une grande cadence de tir utilisant des munitions à grandes vitesses, il convient de réduire la pression des gaz en les laissant s’échapper via une série d’orifices pratiqué proche de la chambre de la culasse ou le long du canon. Une arme utilisée avec un silencieux et dépourvue de ces aménagements refoule une partie des gaz vers le visage du tireur ! La mise au point en reste délicate, car l’emplacement, le nombre, le diamètre, et l’inclinaison des orifices sont critiques.

Les bruits générés par une arme à feu sont liés à trois phénomènes distincts : les parties mécaniques de l’arme - la détonation - le déplacement de la balle dans l’air. Les cycles mécaniques d’une arme peuvent générer des bruits d’un niveau de 60 décibels, soit celui d’une conversation normale. La détonation est liée l'évacuation soudaine de l’air contenu dans le canon, phénomène acoustique en partie lié à la tolérance canon / balle, et celle du silencieux (tolérance inférieure à 1 /10 mm). L’onde de bouche est provoquée par l’explosion rapide des gaz qui se mélangent rapidement avec l’air atmosphérique et qui s’enflamment. C’est la principale source de bruit, elle peut atteindre plus de 170 dB (par comparaison, un avion au décollage fait un bruit d'environ 140 dB).

Le déplacement de la balle dans l’air est générateur de plusieurs bruits : l’onde d’irruption qui dépend de la balle (masse forme, CX, dimensions). Une balle subsonique produit durant sa trajectoire un sifflement assez fort (95 dB) qui peut être identifié à distance, si la balle est imparfaitement stabilisée, elle va générer un ronflement dont l’intensité est parfois bien supérieure au sifflement, et l’onde balistique reste liée au cône de gaz qui accompagne la balle qui se heurte aux couches d’air immobiles rencontrées sur sa trajectoire (mur du son).

Étant souvent fait référence à la notion de décibels, précisons que ceux-ci sont utilisés lorsqu’il s’agit de comparer des niveaux sonores. Les décibels ne sont pas une unité. Il s'agit d'un nombre sans dimension qui désigne un rapport de puissance basé sur une échelle logarithmique permettant de traduire les énormes différences d’intensité sonore sous une représentation linéaire. Ainsi et par référence, le seuil d’audition est de 0 dB pour un facteur d’intensité sonore égale à un. Chaque augmentation de 10 dB traduit une augmentation d’un rapport de 10. Un exemple permettra de mieux comprendre : le niveau sonore d’une feuille tombant d’un arbre correspond à 10 dB, le facteur d’intensité sonore est donc multiplié par dix. Une musique douce est de 40 dB, cela signifie que l’intensité a été multipliée par 10.000 fois. Un son de 100 dB correspond a une augmentation de 10.000.000.000, soit 1010 ! Un fusil d‘assaut produit une intensité sonore de 170 dB, 1017 ! Un exemple tactique, lors de l’intervention de groupes antiterroristes, s'il est nécessaire par de neutraliser plusieurs individus, les tirs seront simultanés. Les sources sonores étant de même intensité, l’augmentation résultante ne sera que de trois dB pour deux tireurs ou de six dB pour quatre (accroissement de trois décibels à chaque fois que l’on double le nombre de tireurs).

Un excellent silencieux peut apporter une réduction de 40 dB, mais ce chiffre se situe en général aux environs de 30 dB, ce qui correspond peu ou prou à l'atténuation offerte par une porte fermée, pour un fusil d'assaut cela représente déjà une intensité restante de 140 dB ! Par contre, la durée étant très brève, le cerveau perçoit ce pic sonore différemment d’un son continu. Les muscles des tympans destinés à réduire la transmission des sons lorsque ceux-ci sont trop élevés, agissent automatiquement pour protéger l’oreille. Il convient dans l’intensité sonore perçue, de prendre en compte la distance de la source sonore. L'affaiblissement du son en fonction de la distance correspond à 20 fois le logarithme de la distance exprimé en mètres. Si nous avons 110 dB à un mètre de la bouche du canon, nous aurons à 300 mètres (log 2,477) une atténuation de 49 dB, soit une intensité sonore restante de 61 dB ce qui correspond au niveau sonore d'une conversation, niveau largement couvert par l'orchestre (rapport S/B).

La présence d’un silencieux accroît la dispersion des munitions, réduit leur portée, ce d’autant plus qu’il est fait usage de balles subsoniques. Il offre par contre l'énorme avantage d'introduire une difficulté supplémentaire pour la localisation de l'emplacement du poste de tir. Il existe une zone latérale de confusion, il sera impossible pour des témoins placés dans la zone arrière de localiser l’origine du tir. Seuls ceux situés dans un angle avant d'environ quatre-vingts degrés pourront avoir une idée assez exacte de l'emplacement du tireur. La température et l'altitude affectent également le niveau sonore, mais la correction reste négligeable. Pour une altitude de 2000 mètres et une température de 0 degré centigrade, la minoration sera d’environ 1 dB. Pour la perception du coup de feu il faut tenir compte : des facteurs topographiques, de la direction du vent, du bruit de fond, et de la présence d’éventuels phénomènes de réverbération sonore.

La réverbération trouve son origine dans la rencontre de l’onde sonore avec une paroi sur laquelle le son vient se réfléchir. Lors du bruit de la détonation, si l’on perçoit entre un indice visuel du tir et que l’on entende le son avec un retard d'une seconde, l’on peut déduire une distance de tir voisine de 330 m. Par contre, le son qui va se réfléchir sur des obstacles va accomplir un parcours sonore plus long, d’où la perception d’un ou de plusieurs autres sons auxiliaires. Sachant cela, il est possible qu’un tireur averti cherche à se placer de façon à bénéficier du phénomène de réverbération pour induire un doute quant à son emplacement. L'officier de sécurité ne devra jamais perdre de vue que le premier son perçu est le seul à être révélateur de l’emplacement d'un tireur embusqué, les autres n'étant guère significatifs.

Tout silencieux s’appuie sur les lois physiques régissant les gaz. Une loi universelle nous enseigne que la pression varie directement et proportionnellement avec la température. Si on diminue la température, la pression se trouve elle aussi diminuée, et vice-et-versa. Ce principe théorique a servi de postulat à un Autrichien pour déposer un brevet en 1900, mais c’est sans conteste Maxim qui a le plus participé à l’évolution des silencieux en déposant en 1907 un brevet pour un silencieux à chambres multiples. Le principe repose sur plusieurs chambres isolées dans un corps cylindrique permettant aux gaz de se détendre et de créer une série de chocs entre eux, de façon à venir se contrer mutuellement, contribuant de ce fait à en retarder la sortie. Il perfectionna son système en l’équipant de déflecteurs ayant la forme de champignons empilés les uns à la suite des autres, contribuant à réduire l’onde sonore initiale.

La carabine et le pistolet silencieux utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale reposaient sur l'effet vortex généré par une rampe hélicoïdale destinée à refroidir les gaz en créant un tourbillon creux formant une spirale. Ce principe simple de construction (il s'agit de rondelles fendues dans leur partie supérieure et écartée pour former une spirale), favorise l'apparition de fortes turbulences et allonge selon le pas de l’hélice, le trajet parcouru par les gaz en contribuant à en retarder la sortie. L’annulation de l’onde de choc se propageant dans le silencieux est accrue par deux rampes montées tête-bêche.

Pour limiter l’importance de l’onde initiale dans le phénomène acoustique, il convient d’usiner les pièces avec une tolérance mécanique la plus faible possible (tolérance H7). Si les orifices sont sur-dimensionnés, une partie des gaz va s'échapper avant la balle. Pour supprimer ce problème, l’on fait appel à des diaphragmes élastiques ou souples (Néoprène, feutre, éponge) pourvus en leur centre d'une fente en «Y» ou en «X». Après le passage de l’ogive, l'ouverture se rétracte immédiatement et ne laisse filtrer que les gaz. L’onde de bouche due à l'expansion soudaine des gaz et de l’effet détonnant responsables du pic sonore sont à l'origine de l'inflammation des résidus de combustion (cache-flamme).

Réglementer la vente des silencieux ne servirait pas à grand chose. Partant du principe qu’un silencieux fonctionne comme un pot d’échappement, certains ont modifié un pot de tondeuse à gazon en perçant un trou de part en part et en bourrant l’espace entre les chicanes avec de la laine métallique ! C’est ce principe à base de baffles que l’on retrouve sur le pistolet-mitrailleur dissimulé dans un attache case.


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