lundi 22 février 2016

AGORAVOX, L'ENCRE CITOYENNE Quand un lecteur-citoyen averti en vaut deux.



Jusqu'à il y a encore peu, seule la radio était capable d'atteindre une masse d'auditeurs répartie aux quatre coins de la planète. En 1918, la III° Internationale lançait la première campagne de propagande radiophonique à direction de l'Europe. La tour de l'émetteur du Komintern située dans un quartier de Moscou s'élevait à 200 mètres au-dessus du sol et diffusait des programmes en plusieurs langues, bientôt suivie par la British Broadcasting Corporation. En 1939, une vingtaine de stations appartenant à l'État français émettaient. En 1941, l'occupant allemand sollicita auprès du régime de Vichy l'autorisation d'installer une station d'émission en zone libre pour y relayer sa propagande, qui donnera naissance à RMC. La « guerre des ondes » et la course à l'audimat vont se révéler de véritables « armes » de masse à longue portée.

Les médias sont loin d'êtres neutres, ils cherchent à : séduire - persuader - influencer - et d'agir sur la culture et l'ordre social, actions relevant de la manipulation et du domaine de la « guerre » psychologique. La publicité rend la rédaction captive des annonceurs qui l'est déjà du conseil d'administration réunissant propriétaires et actionnaires. Le diktat qui prévaut ? le tirage duquel découle les recettes publicitaires qui dépendent du lectorat/audimat, c'est le chien qui se mord la queue. L'information n'est ni neutre ni impartiale et encore moins objective : La même information est traitée très différemment selon le titre, l'organe de presse (écrit, parlé, télévisuel) ou le journaliste. Rappelez-vous : les faux scoops (armes dans les caves de banlieue), la dramatisation (le faux charnier de Timisoara), la campagne de rumeurs lors de l'invasion de l'Irak pour détourner l'attention (affaire Tony Blair), des faits montés en « épingle » (affaire Baudis), des omissions ou informations négligées, etc. Je ne sais rien mais je dirai tout ! Lorsque les faits divers font défaut on ressort les « marronniers » car le papier ne refuse jamais l'encre.

Les chaines d'information, surtout celles en continu, se doivent de trouver de quoi alimenter leur présence dans la boite à images télévisuelles à chaque instant. Plus les images sont spectaculaires et parfois « trash », plus elles font de l'audience et reste simples à traiter dans leur immédiateté. La vidéo sert juste à nous émouvoir, à nous mobiliser, et non à nous informer. La presse remplie d'autres fonctions que l'information : divertissement - évasion - compensation - appartenance sociale (Jean Stoetzel) - connaissance, etc., mais elle ne participe que très peu à la grille de lecture sinon pour nous en offrir une lecture dirigée. Le message véhiculé est-il : argumentatif - descriptif - explicatif - narratif, etc. Seule la mise en scène du récif destiné à produire un effet sur le lecteur prévaut. La presse en mérite-t-elle pour autant le terme de médiacratie et peut-on en exonérer totalement le lecteur, l'auditeur ou le téléspectateur ?

L'informatique redécouvre les médias avec le multimédia (texte, son, image, vidéo, données) qui modifie les règles du journalisme, notamment celle du : qui - quoi - quand - où - pourquoi apparue pendant la guerre de Sécession (1861-1865) et vient bouleverser l'acquisition des connaissances (moocs et tutoriels). L'information n'est pas un système mécanique, un même événement entraîne différents points de vue, celui du témoin, du rédacteur et ceux des lecteurs et des annonceurs. Avec un médium en ligne comme Agoravox par exemple, l'information n'est plus seulement l'affaire des journalistes, elle devient aussi celle des lecteurs qui s'en emparent pour établir une interrelation (transaction), les lecteurs-débatteurs participent à un échange d'opinion sans équivalent. Aucun média imprimé ne peut l'offrir et encore moins avec cette simultanéité propre à Internet. Le 20 heures n'est plus le messager attendu, il fait figure de parent pauvre avec une dizaine d'informations alors que des centaines sont tombées sur les téléscripteurs des agences de presse.

La sève citoyenne se réapproprie l'information pour la vivifier, mais le médium a sa propre logique de communication sociale. Il est un support d'opinions et non la représentation d'une opinion dominante (pour l'instant) car tout un chacun peut s'y exprimer librement. La portée du médium s'étend à toute la francophonie et ne dépend plus des mêmes logiques financières ou nationales. Internet est transnational et donne raison à MC Luhan qui utilisa pour la première fois en 1969, l'expression de « Global Village » que l'on pourrait traduire par village mondial. Nous sommes face à un modèle culturel et participatif. Le « quatrième pouvoir » cher à Edmund Burke tend à reculer et le rang de la bande des « 4 P » à se modifier : politique - police - public - presse en queue de peloton.

Ce médium s'apparente à une auberge espagnole (relais où se retrouvaient les pèlerins qui empruntaient le chemin de saint-Jacques de Compostelle et où ils apportaient leur souper), le lecteur s'empare de l'énoncé qui peut être débattu, voire combattu. Il y a des lecteurs : curieux - instruits - cultivés - passionnés - respectueux qui contribuent à l'enrichissement de la réflexion par percolation ou à une fertilisation croisée ; d'autres qui réagissent à l'emporte-pièce pressés d'émettre un jugement, leur jugement, heureux de bénéficier d'une plate-forme pour diffuser plus largement une opinion qui n'a parfois que peu à voir avec le texte initial (contre-information). Ce n'est plus lire entre les lignes mais dans le marc de « caoua » (café). Par ailleurs, qu'elle valeur accorder à la cotation d'un article quand l'évaluation (mauvais, moyen, bon, très bon et excellent) repose sur le vote de quelques lecteurs seulement alors qu'ils sont plus du millier à l'avoir lu ? De même que le prix d'un livre ne reflète pas sa valeur informationnelle, le nombre d'étoiles accordé ne saurait préjuger de la valeur de l'article, en statistique on appelle cela un échantillon non représentatif.

Certains se sont faits une spécialité malicieuse, à moins qu'il ne s'agisse d'un travers psychologique tendance paranoïde (il suffit de consulter le nombre de réactions de certains pour comprendre l'addiction dont ils sont l'objet), que d'extraire une partie, un mot de son contexte qui n'a de sens que dans son cadre, certains n'attendent pas d'avoir terminé leur lecture pour réagir ! Comme le mauvais critique qui juge le poète et non le poème, il va pouvoir rétablir la vérité ou sa vérité en se réfugiant à l'abri derrière un pseudonyme, c'est à dire en renonçant à ce qui le singularise, son patronyme, sa filiation... Au fil du temps, leur adresse IP a changé, leur pseudo aussi, leur description jamais renseignée (www.ip-adress.com/ip_tracer/), seul le choix de leur « logo » et leurs interventions antérieures véhiculent une série d'indications à leur sujet. Par contre, leur écriture compuscripte reste identifiable entre mille et on peut la voir évoluer au fil du temps chez certains vers une « rage » contenue qui vient trahir leur « mal être » intérieur. Rares sont ceux à saisir leur clavier pour rédiger un « article », pensez donc ! cela reviendrait à se mettre à nu devant la communauté et il est bien plus facile d'écrire en réaction et sur une impulsion (billet d'humeur) que de rédiger sans prétention aucune, un texte à partager avec la communauté.

Ce genre de personnes représente une approche modifiée du triangle de Karpamn passant du rôle d'accusateur (procureur) à celui de la défense (avocat), et d'afficher le déni ou la victimisation de l'accusé. Est-elle consciente de reproduire le contraire de ce qu'elle entend dénoncer et de confirmer le dicton : « donner un grain de pouvoir à un homme et il ne tardera pas à en abuser. » Il nous faut relativiser, ce genre d'énergumènes ne représente qu'une infime partie du lectorat et comme leurs interventions sont clivées et que ce sont souvent les mêmes qui « sévissent », ils doivent représenter en valeur pondérée deux ou trois pour dix-mille lecteurs... Leur répondre serait comme de le faire à un inconnu qui vous interpelle dans la rue oubliant la plus élémentaire règle de savoir-vivre, celle de se présenter et de conserver une distance sociale (travaux du sociologue Edward Hall). Désolé (euphémisme) mais tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs et chacun a un parcours de vie différent contribuant ainsi à notre individualité. Nous ne sommes pas des moutons de Panurge.

Il y a des articles et des commentaires qui donnent à penser que des auteurs rédigent parfois un article ciblé en guise de réponse à un lecteur ayant déposé un commentaire « discourtois » pour le provoquer ou l'amener à se découvrir encore un peu plus devant la communauté des lecteurs. Les « teasers » (déclencheurs) les plus fréquemment utilisés sont : le réflexe d'attirance - d'aversion - de frustration - d'identification - le sexe - l'âge - la culture d'appartenance - la classe sociale - l'idéologie. Le lecteur visé affublé de ses filtres mentaux se précipite généralement tête baissée vers le « collet »... A-t-il entendu parler des travaux de certains services chargés de l'étude des messages circulant par-ci, par là ? A moins qu'il ne participe involontairement et par ignorance à une étude sociologique... Si seulement il avait pris l'élémentaire précaution de terminer sa lecture et lu les autres posts après s'être assuré d'avoir compris le thème dans son cadre au lieu d'engager une transaction paradoxale, que de malentendus seraient évités et de moments agréables partagés. Il nous faut ici souligner que le rédacteur reste un bénévole qui présente une approche de certains faits sans pour autant y adhérer forcément, CQFD ! L'article n'est pas un procès-verbal.

L'histoire nous a transmis un dialogue entre Socrate et un interlocuteur demeuré inconnu.
- L'interlocuteur : « sais-tu que j'ai appris une nouvelle concernant ton ami ? »
- Socrate : « Attends un instant, avant de me transmettre une nouvelle, je voudrais qu'elle passe le test des trois filtres. Tout d'abord celui de la vérité : as-tu vérifié si ce que tu me rapportes est vrai ? »
- I : « Non je l'ai seulement entendu dire. »
- S : « Alors prenons le deuxième filtres, celui de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ? »
- I : « non, pas du tout, il paraît qu'il a mal agi ! »
- S : « Ainsi, tu veux me raconter de mauvaises choses sur mon ami et tu n'es pas sûr que ce soit vrai ! Il reste encore le filtre de l'utilité. Est-ce utile pour moi de savoir ce qu'a fait mon ami ? »
- I : « Pas vraiment. »
- S : « Alors, si ce que tu veux me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi me le faire savoir. Toi aussi tu ferais mieux de l'oublier. »

Quelques lecteur n'entrent en communication que pour obtenir la satisfaction d'un désir déclaré mais plus souvent latent afin de combler leur frustration sans prendre le temps de la réflexion ni de soupeser le pour et le contre, l'avantage et le désavantage de leur participation. Tout contributeur ou débatteur désireux d'éviter une relation paradoxale et une perte de temps inutile se doit de savoir repérer ces artifices pour les contourner ou rétablir une vérité première. Le débatteur respecte-t-il la chronologie, procède-t-il à des ressemblances, des amalgames, soulève-t-il de nouvelles implications, juxtapose-t-il des ressemblances, établit-il des relations de cause à effet, utilise-t-il des figures appartenant au champ de la rhétorique ? Tout peut devenir ambigu et venir contribuer à brouiller la pensée initiale, chacun ensuite de rester sur son rail sans jamais rencontrer son interlocuteur. On « parle » mais sans échanger vraiment, car la communication reste déphasée et sous l'égo se devine « le fond qui remonte à la surface », c'est la sempiternelle histoire du contenant et du contenu.

Le multimédia reste un couteau suisse, c'est à dire un outil capable de répondre à différentes utilisations, notamment à une demande et à une culture qui seules lui donnent sens. La grille de lecture est parfois brouillée par des positions dogmatiques étoffées d'une sensibilité exacerbée sur lesquelles viennent se greffer une analyse de texte parfois défaillante et une culture indigente, ce qui n'empêchent pourtant pas leur tenant d'avoir une idée sur(tout) et qui ne se prennent jamais à douter... Qu'importe ! la vérité est plurielle. Petite phrase du jour : « Il y a deux sortes de vérités : celle du raisonnement et celle des faits. Les vérités de raisonnement sont nécessaires et leur opposé impossible, et celles des faits sont contingentes et leur opposé est possible. » ( Leibniz)



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mercredi 6 janvier 2016

"LES CONSEILLEURS NE SONT PAS LES PAYEURS"


Une élue du PS a récemment fait part de son souhait d'en revenir au service militaire, facile de pérorer sur un sujet aussi complexe quand on n'a pas été confronté soi-même à l'armée de conscription ou que l'on n'a pas perdu un proche dans un conflit. Sa réflexion ne repose que sur une position doctrinale d'idéologie socialiste oubliant les responsabilités passées de ce courant de pensée dans les conflits contemporains. Dans le milieu "orléanais", on évoque le risque qu'il a à instruire des hommes et des femmes à l'art militaire ; peut-on imaginer un seul instant que les tueurs du 13 novembre aient reçu une formation au combat urbain, au nettoyage de locaux et qu'ils aient opéré en trois trinômes ou quatre binômes avec un chef de groupe à leur tête à l'intérieur du Bataclan !


Ce n'est pas sans raison aucune que l'instruction militaire a été profondément remaniée après les événements post soixante-huit. Imaginez un Abdelhamid Abaaoud ayant suivi un stage commando et maîtrisant la construction de cache dans la profondeur, les techniques de parcours d'évasion, etc., les enquêteurs auraient probablement eu beaucoup de difficultés à détecter sa planque sous quelques buissons. Le service militaire se devrait plutôt à être perçu comme un gage de confiance des siens. Mieux vaut un combattant animé par le désir d'abattre le maximum d'adversaires plutôt que celui de finir en martyr les armes à la main. On pourrait paraphraser Patton et dire : ce n'est pas d'être prêt à mourir pour son pays qui compte, mais de faire en sorte que le maximum de salauds d'en face y laissent leur peau. Un conscrit qui n'adhère pas aux raisons du combat national représente plus un danger pour ses camarades d'arme qu'un renfort, et il n'est jamais exclu qu'il vous tire dans le dos ou déserte en faveur du camp adverse...

Lorsque le président a invité les citoyens à exhiber le drapeau national aux "balcons", il a fait un "bide" monumental avec seulement quelques centaines d'étendards pour une ville de plusieurs centaines de milliers d'habitants ! Aucun patriote n'a envie de se signaler à l'adversaire intérieur comme les supporters d'une équipe de football. L'issue d'un combat repose sur la qualité des combattants et non sur leur quantité, sans oublier l'adéquation de la personnalité au combat. Certains combattants sont faits pour servir dans une arme de mêlée tandis que d'autres, plus individualises trouveront à s'exprimer dans un poste de "sniper", je pourrai vous en citer des exemples, notamment lors de la guerre au Liban, mais à quoi bon?


Message subliminal destiné aux oublieux... <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Jny2MspNDa4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

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vendredi 1 janvier 2016

URBANISATION, ENSEIGNEMENT, INTÉGRATION (8)


Pour tenter d'approcher une conduite dans une situation donnée, la compréhension des statuts, du rôle, de l'individu ne saurait suffire, car ces données sont réinterprétées d'une façon personnelle. Les attaques dont fut victime le Danemark en février 2015 interpellent. On disait de ce pays que sa population était la plus heureuse et la société un modèle d'intégration. La bonhommie de la petite sirène a éclaté comme une bulle de savon, les Danois ont redécouvert à travers son spectre multicolore que "le mot n'est pas la chose".

En Suède, l'un des pays les plus ouverts avec le record du nombre de demandeurs d'asile et de réfugiés accueillis, deux tiers des Suédois : "pensent que les immigrés n'arrivent pas à s'intégrer dans le pays". Les démocrates de Suède, troisième parti du pays, demande l'arrêt de l'immigration en Suède. Un responsable du parti qui compte 49 députés, avait lancé un "merci, au revoir, rentrez chez vous" , aux immigrés, lors d'un meeting.

Un début de réponse est à rechercher dans l'anthropologie sociale avec les caractéristiques nationales, préjugés, attitudes, opinions, culture, facteurs sociaux, la personnalité, langage, dynamique de groupe. "il n'y a pas de raison pour les races qui diffèrent physiquement ne diffèrent pas psychologiquement", propos du chercheur Kroeber qui inaugurent le champ d'étude de l'ethnopsychiatrie et de l'ethnocriminologie (explication du phénomène criminel ethnique).

L'Express du 9 février 2006, rapportait "Selon les études de Roché, l'origine sociale n'explique pas tout. "Certes, 80% des jeunes délinquants d'origine maghrébine ont des parents ouvriers ou employés, souligne-t-il. Mais à niveau socio-économique équivalent, il est erroné de penser que les comportements socialement répréhensibles sont associés de facto à un statut socio-économique. La paupérisation, l'angoisse de l'avenir, etc., peuvent intéresser le problème de santé mentale que connaît la France , mais cette piste seule ne saurait se suffire. Le comportement est lié à la position de l'individu à l'égard de son statut personnel (travaux de Hyman). On pourrait chercher un début d'explication en avançant l'absence d'une personnalité affirmée, l'incapacité à se soustraire à l'influence des origines parentales, des groupes sociaux, à la publicité, à un certain mimétisme. Le pouvoir de raison leur étant inconnu, l'affirmation passe par l'agressivité indirecte (tenue, attitudes, comportements, graffitis), bientôt suivie de l'agressivité directe (verbale puis physique). Une étude de 2014 a révélé qu'entre 135 000 et 169 000 enfants de 6 à 14 ans, soit 3,5% à 5,6% des enfants d’âge scolaire, le plus souvent des garçons, présenteraient des « troubles déficits de l’attention avec ou sans hyperactivité » se manifestant par un déficit de l’attention - une hyperactivité motrice - une impulsivité.

Au début de leur emménagement dans des appartements salubres, tous les immigrés de la première génération étaient heureux d'avoir un appartement spacieux, clair, l'eau chaude et le chauffage central. Pour ces travailleurs immigrés des trente glorieuses qui avaient contribué à la construction de tant de logements, c'était une très nette amélioration de leur condition. Ils pouvaient enfin vivre décemment et quitter leur "chaâba" (bidonville) insalubre. À la même époque, les tenants d'Ernest Gellner pensaient que la croissance économique et le confort allaient se substituer à la violence.

Comment expliquer que la commanderie, par exemple, cette résidence destinée aux classes moyennes bâtie au début des années soixante, soit devenue un territoire contrôlé par des bandes de jeunes (les scoots ce qui en arabe veut dire "ferme la !") issues de l'immigration, rongées par la peur, la violence et la haine ? Des carcasses de voitures volées pour en récupérer les pièces détachées et approvisionner un atelier de mécanique clandestin sont incendiées et abandonnées. Si ces marqueurs signalent aux étrangers que la zone n'est pas sûre, il s'agit aussi d'une remise en cause du droit du citoyen à vivre paisiblement et en sécurité.

Les urbanistes, les hommes politiques ont certes leur part de responsabilité sur les villes nouvelles et l'aménagement du territoire, mais la responsabilité, ou plutôt, l'irresponsabilité semble partagée. Une erreur en appelant une autre. Il est parfaitement possible que 5 individus sur 100 se distinguent de la masse, mais une génération ne voit que très rarement un docteur Moriarty du crime. La minorité délinquante de 5% n'est pas exclusivement composée d'individus exceptionnels, mais d'individus quelconques.

L'ancien président Valérie Giscard d'Estaing, s'exprimant en 2005, à propos du regroupement familial ( qui a été le fait d'un véritable lobby, notamment celui du BTP qui consomme par jour autant de litres de béton que l'on consomme de litres d'eau, et qui y voyait de la main d'œuvre docile et à bon marché), a déclaré, "aujourd'hui j'aborderais le problème d'une manière différente".

Certains sports loin d'apaiser les esprits sont en passe de devenir un indicateur de la violence latente. Le lundi 15 mai 2006, deux individus encagoulés faisaient irruption dans la mairie de Saint-Denis et menaçaient d'une arme de poing un membre du Conseil municipal qu'ils avaient pris à tort pour le maire. Ils exigeaient des places pour le match Arsenal-FC Barcelone au stade de France, "si tu réponds pas, on te tire dans la jambe"! Au-delà du hooliganisme, des batailles rangées entre supporters, le "foot" est en passe de devenir un phénomène qui suscite le fanatisme. Il est responsable de meurtres, suicides, d'agressions, d'accidents, etc. À Cergy, en France, une dispute de couple à propos d'un match de la coupe d'Europe se termine par une défenestration.

En 1990, quatre cent sites scolaires recevaient un milliard et demi de francs et certaines zones prioritaires reçurent une rallonge budgétaire de 100 millions. En 1996, la France comptait 700 zones urbaines sensibles et 750 regroupant 5 millions de personnes, et en 2005, 380 zones franches, 350 zones de redynamisation urbaines (ZRU). En dépit de ces mesures, il faut bien reconnaître que le pacte de la ville s'est révélé être un échec.

Les premières violences scolaires sont signalées au début des années soixante-dix. La multiplication des "incidents" va s'installer de façon durable. Le 2 mai 1979, une rixe au couteau oppose un jeune Turc à un jeune Algérien. Le rapport Léon (1983) qui abordait les problèmes des violences en milieu scolaire, allait être suivi de beaucoup d'autres : rapport Barret en 1993, Braunstein, le Gall en 1994, Fotinos en 95, etc. Dans le même temps, le pourcentage des reçus au baccalauréat passait de 30% en 1970, à près de 70% en 1998! Pour les lycéens issus de l'immigration, la majorité des lauréats sont des bachelières, situation qui dans une société patriarcale accentue le ressenti des garçons à l'encontre des filles. Est-ce un phénomène fortuit si depuis quelques années la société se retrouve confrontée à des jeunes filles victimes de leur milieu comme s'il s'agissait de leur denier le droit de dire non, ou d'exister tout simplement. Sohane brûlée vive pour avoir outrepassé l'interdiction de territoire d'un petit caïd. Pendant qu'Ilan était retenu captif dans les caves d'une cité, un procès s'ouvrait devant la cour d'assises du Val-d'Oise. Trois Pakistanais comparaissaient pour avoir séquestré, violé et torturé une jeune femme qui refusait de se marier avec l'un d'entre eux.
Des voix se sont élevées pour demander aux enseignants (on délaisse le mot instituteur qui rappelle trop le mot institution chère à la IIIe République) de signaler les comportements déviants et réitérés dont ils auraient été les témoins, ce à quoi ils ont répondu qu'il s'agissait d'un travail de "flic". Une amie enseignante à Pantin, au lendemain de l'attentat du 11 septembre 2001, me rapportait qu'une grande majorité des "gosses" avait la photo de Ben-Laden posée sur leur pupitre. Si certaines approches préventives dérangent (certaines à juste titre), c'est bien plus en raison du contrôle social, d'une dérive sécuritaire et de la crainte de représailles.

La sécurité de la collectivité doit-elle prévaloir sur l'intérêt individuel, corporatiste des enseignants, des laboratoires pharmaceutiques, etc., électoraliste, ou s'effacer? Où commence et ou s'arrête la responsabilité citoyenne? Les enseignants sont par leur mission en première ligne les observateurs in-situ les mieux placés. Une enseignante disait " je passe un tiers du temps à faire de la discipline, un tiers du social, et un tiers de l'enseignement." Après le poignardage d'une enseignante, le ministre de l'Éducation nationale proposait l'installation de systèmes de vidéosurveillance et l'installation de portiques de sécurité. Comment ces aménagements pourraient contribuer à modifier les attitudes, comportements de jeunes qui ne respectent ni les personnes chargées de les instruire ni leurs condisciples, ou leur apprendre à respecter une minorité autre que la leur. Quelques mois plus tard, une enseignante était "tabassée", filmée devant le reste de la classe et la vidéo diffusée dans une cité voisine.

Rappelons que c'est l'instruction qui est obligatoire et non l'école. Il est parfaitement possible de ne jamais mettre les pieds dans un établissement scolaire et de suivre les cours du CNED. L'instruction laïque et obligatoire qui repose sur ceux que l'on a appelé les "hussards de la république", a été imposée en son temps, dans un but politique. La lutte contre l'influence de l'enseignement catholique. L'enseignement laïque devait devenir une arme politique dont la société ne s'est jamais remise. De plus en plus de familles désirent ou estiment nécessaire de confier l'éducation de leurs enfants à des écoles libres. Ne pourrait-on pas exclure ces quelques éléments perturbateurs de l'école, à eux de suivre les cours du CNED et ainsi assurer la sûreté des établissements et la sécurité des élèves et enseignants?

La France a déjà connu des vagues d'immigrations massives. Prenons par exemple celle des Arméniens. Ils sont arrivés avant la Seconde Guerre mondiale sans le sou, ont accompli les travaux les plus rudes, ont connu la promiscuité dans de minuscules appartements dans lesquels toute la famille vivait entassée. Dans un souci d'aplanissement des difficultés liées à leur intégration, de nombreux parents qui ne parlaient pas même le français, ont choisi de franciser le nom (procédure rapide et gratuite toujours en vigueur) de leurs enfants, démarche douloureuse envers le passé familial, et qui souligne aussi une nouvelle filiation nationale. Cette renonciation, véritable sacrifice s'est révélée à terme bénéfique, il ne viendrait à l'idée d'aucun citoyen de leur dénier le droit à être français. En ce qui concerne la population originaire d'Algérie chez laquelle le patronyme est d'apparition relativement récente, le gouvernement algérien a, dès son accession au pouvoir, attribué un patronyme à ceux qui en étaient dépourvus, en a simplifié ou modifié l'orthographe. Alors que l'on parle du CV anonyme, comment ne pas avoir son attention attirée par la conversion à l'Islam qui est suivie de l'attribution d'un nom à consonance arabe (Casius Clay alias Mohamed Ali). Est-ce si innocent quand certains jeunes noirs adoptent au sein de leur bande un autre nom que le leur, comme par exemple celui de Chaka Zoulou? Le prénom le plus répandu chez les immigrés maghrébins reste Mohamed, prénom du prophète qui représente tout le symbole d'une appartenance religieuse et culturelle. Ce n'est donc pas un hasard si les demandeurs à la francisation sont majoritairement des kabyles catholiques, des enfants nés d'un couple mixte, des laïcs ou des lettrés.

Le nom (patronyme) a certes un lien avec la parentèle paternelle et le pays d'où est originaire la famille, mais il est aussi parfois, souffrances quotidiennes, difficulté des autres à le prononcer, à le mémoriser, d'où humiliations, discrimination, vexations, catégorisation, etc. Vouloir le conserver, c'est une façon de se sentir concerné par le passé de ses parents, mais il est aussi parfois à l'origine d'un "complexe" qui peut conduire à la haine. Il n'y a qu'une enfance heureuse qui ne fasse pas parler de soi. Ce n'est pas tout à fait un hasard si les jeunes françaises d'origine musulmane sont de plus en plus nombreuses à épouser, au grand dam de leur famille, un Français de souche. C'est pour elles, non seulement une façon de se libérer d'une tutelle patriarcale devenue désuète, mais aussi et surtout vouloir donner à leurs enfants une chance supplémentaire.

Et si l'intégration à l'égard de certaines ethnies ou populations n'était qu'un leurre comme le laissent supposer les événements survenus en : Angleterre, Australie, Espagne, Danemark, Hollande (ce pays connaît actuellement une immigration négative, les départs étant supérieurs aux arrivées de nouveaux immigrants). Il règne en France au nom d'une soit disant égalité républicaine, une véritable omerta sur la mixité sociale, ethnique, et religieuse. Au mois de janvier 2015, la France a assisté à un mouvement de population inconnu jusqu'alors, désireuse de clamer son raz-le-bol. Il y aurait sur le territoire national 8 millions de personnes étrangères. Les autorités ne "connaissent pas", elles-mêmes, le chiffre exact... La France est-elle en train de devenir une terra incognitae comme les événements du 13 novembre sont venus le confirmer tragiquement ? 

Les modèles d'intégration américains, anglais, canadiens, danois et français ont échoué. Les Américains toutes origines confondues sont les premiers à dire " If you don't like it, leave it", ce qui signifie, si vous n'aimez pas l'Amérique, dégagez ! Les noirs américains qui ont fait un voyage initiatique au pays de leurs ancêtres en reviennent dans leur grande majorité, dépités par les conditions de vie locale. Ils n'ont qu'une hâte, retrouver bien vite leur appartement avec l'air conditionné et the americain way of life. Propos repris par Sarkozy, ministre de l'Intérieur, sous une forme atténuée. "Si la vie en France était si horrible et son système social si ringard, comment expliquer que des dizaines de milliers de clandestins demandent leur régularisation." Ces "clandestins" n'en ont d'ailleurs que le nom, à peine arrivés ils savent où s'adresser pour obtenir aide, hébergement, soins, et inscrire leurs enfants dans un établissement scolaire.

En Europe, en raison du poids de la tradition et de l'histoire des différentes communautés, il faut être réaliste, on ne peut laisser derrière soi son identité, sa culture, comme on laisse son manteau au vestiaire. Les immigrés ont certes opté pour un certain pays d'accueil, mais il s'agit d'un choix unilatéral conditionné par la bonne volonté des politiques migratoires. Les populations et les peuples ne se sont jamais choisis mutuellement. Leur présence a été imposée de façon militaire, économique, politique, ou démographique. Une pénétration culturelle peut remplacer avantageusement toute expédition militaire et aboutir à une colonisation intérieure, ce que l'Etat islamique semble avoir parfaitement compris avec la présence de terroristes infiltrés parmi les flots intarissables de réfugiés.

A SUIVRE : ORDRE & DÉVIANCE SOCIALE

Le contenu de ces articles propose d'essayer de comprendre et de rendre intelligibles la situation que connait la France confrontée à une présence étrangère qui pose problème depuis déjà plusieurs décennies. Cette grille de lecture ne prétend pas pour autant que les faits avancés puissent en exclure d'autres. Les propos servant de fil conducteur, aussi effrayants que manichéens, ne sauraient m'être attribués pour induire la réflexion du lecteur. Ils relèvent de l'histoire et de l'actualité.
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vendredi 25 décembre 2015

STAY BEHIND


Jeudi 25 décembre à 9h05, la chaîne LCP a diffusé une émission sur la Guerre froide qui a confirmé ce que j'avais écris dans mon titre "Stay Behind les réseaux secrets de la guerre froide", notamment, l'existence d'une structure parallèle (deux vagues, Gladio noir, nucléide ou NDS) - de son organigramme pyramidal particulier qui s'appuyait sur une chaine et non sur le principe de la "grappe" - la non implication des "gladiateurs" dans les attentats commis - de l'encagoulement des hommes lors de réunions d'instruction afin de préserver leur anonymat entre membres - et de la réminiscence d'un ersatz ...

La guerre froide a bel et bien été le "produit" d'un certains nombre de facteurs : politique, économique, militaire, sociaux et idéologique, souvent occultés, mais indispensables à la compréhension du dispositif Stay Behind. En cas d'attaque soviétique en Europe occidentale, le réseau Stay Behind devait exfiltrer des membres du gouvernement et participer à la lutte clandestine afin de contribuer à restaurer la souveraineté nationale des États-nations démocratiques. L'efficacité du dispositif qui couvrait une douzaine de pays reposait sur, le secret, l'état de préparation, la réactivité de l'organisation de résistance.

Dans cet ouvrage, j'apporte un vision précise du fonctionnement de ces réseaux dormants, de l'état d'esprit qui en animait ses membres, et j'y mentionne des passages de rapports officiels qui infirment nombre de thèses avancées à propos de la collusion du réseau Stay Behind avec des organisations politico-criminelles. Certaines des informations délivrées sont capables d'ébranler des certitudes nées de la polarisation des positions, car l'après guerre froide agit encore auprès d'une "élite" intellectuelle comme un conditionnement très puissant.

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jeudi 24 décembre 2015

EUROPE ASSIÉGÉE - STOP - ATTENDONS INSTRUCTIONS - STOP -


Sept mille migrants sont arrivés aux portes de la Serbie pour la seule journée du 23 août 2015 après avoir traversé : la Grèce et la Macédoine, en direction de l'Europe occidentale. Quatre jours tard, le gouvernement hongrois dépêchait 2000 policiers à la frontière. Comme l'a dit le poète "ce qui fut sera." On rejoue à guichets fermés la même scène qu'il y a plusieurs siècles !

Avec la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, les Occidentaux sont menacés par l'Empire ottoman qui domine un vaste territoire qui s'étend du Maghreb à l'Asie mineure et à une partie des Balkans ; En 1371, les Turcs ont vaincus, les Serbes à Maritza leur laissant le passage vers la Macédoine serbe jusqu'au-delà du Vadar ; la Bulgarie conquise, la Valachie est écrasée en 1395. Depuis l'antiquité, la mer méditerranéenne est le berceau de la civilisation occidentale. Au mois de juin 1570, la République de Venise appelle à l'aide pour contenir l'invasion des Ottomans sur l'île de Chypre. Les Chrétiens remporteront au mois d'octobre 1571 une bataille restée célèbre, la victoire de Lépante. Ce ne sera qu'un moment de répit, car au début du XVII° siècle, les Ottomans sont aux prises avec les Perses (1606-1639). En 1661, la Transylvanie et la Hongrie sont envahies ; en 1669 c'est la Crête qui tombe ; en 1672, la Pologne perd la Podolie (Ukraine) et quatre années plus tard l'Ukraine. L'avancée ottomane est finalement bloquée et fixée en 1683 à Vienne. Les Turcs renoncent à la plus grande partie de la Hongrie au bénéfice des Habsbourg.

Si on conçoit que l'introduction d'une nouvelle espèce animale ou végétale puisse bouleverser un écosystème, voire conduire à la prolifération d'une espèce et à l'extinction d'une autre espèce, pourquoi en serait-il différent pour les ethnies humaines ? L'homme comme n'importe quel animal, défend son territoire, il ne faut donc pas s'étonner de voir l'immigration produire un "effet retour" similaire à la loi physique de l'action-réaction. Ces effets directs ou indirects constituent des enjeux nationaux et internationaux. Les flux migratoires répondent à une réalité complexe : réfugiés économiques - politiques - climatiques - historiques - médicaux, etc. Sans vouloir tomber dans les clichés de la globalisation, l'immigration croissante et constante représente un risque majeur et anxiogène pour la population dont la qualité de vie se définit en termes : économiques, sociaux, de santé, de sécurité, et culturels. Si la colonisation de l'Afrique et des pays du Maghreb a eu des effets nocifs à l'encontre de la population autochtone de souche, pourquoi en serions-nous immunisés ?

En 1960, le club de Rome activait la "pré-alarme" en parlant d'"explosion démographique" en annonçant que : la population mondiale de 5,5 milliards passerait à 10 milliards en 2050 pour se stabiliser aux alentours de 13 milliards un siècle plus tard. En Afrique noire subsaharienne ou blanche, la pression démographique contribue à la constitution d'une force non-négligeable à la base des révoltes (printemps arabes) et avec laquelle il va nous falloir compter si on ne veut pas voir s'installer un déferlement migratoire incontrôlable et sans précédent. Un chiffre, la population mondiale a autant augmenté sur les soixante dernières années qu'au cours des 2,5 millions d'années qui nous séparent d'homo-erectus !
La malnutrition touche de plus en plus de ressortissants européens, et pour cause, si un potager de mille mètres carrés suffit à nourrir une famille, il ne peut suffire à assurer la subsistance de plusieurs familles. Doit-on continuer à déshabiller Paul pour habiller Jacques et accroître les inégalités sociales ? Autre risque, celui de santé publique avec la résurgence de maladies que l'on pensait quasiment éradiquées. Nos hôpitaux sont contaminés par des souches venant d'ailleurs pour lesquelles nous ne possédons pas ou plus les médicaments... L'amélioration des transports et les mouvements de populations engendrent des divers trafics qui profitent à de puissantes organisations criminelles : êtres humains, drogue, armes, financiers, déchets à risques, etc.

La disparition de l'Union soviétique et de la structure économico-politique qui l'entourait a contribué à bouleverser et à déstabiliser l'Europe occidentale. L'attaque de la République fédérale de Yougoslavie sans résolution des Nations-Unies a eu pour effet de faire sauter le verrou balkanique, de répandre l'islam et de faciliter la pénétration musulmane au cœur de l'Europe entraînant dans son sillage le trafic d'armes individuelles : fusils d'assaut, pistolets semi-automatiques et lance-roquettes qui inondent le marché parallèle. La disparition de l'ex RFY, les scories en Tchétchénie et autres républiques du Caucase restent fortement liées à la géopolitique Américaine désireuse d'abattre le communisme en armant les guerriers du prophète. Le remède risque bien d'être pire que le mal.

EUROPA EST TOMBÉE - STOP - COMBATS SPORADIQUES - TERMINÉ -



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mardi 17 novembre 2015

A PARAÎTRE

Ce titre se propose d'apporter les connaissances nécessaires au besoin d'information et à l'étude de l'islamisation radicale, domaine d'actualité répondant aux préoccupations des citoyens européens toutes obédiences confondues. Si la nécessité de synthèse impose de faire des choix, l'auteur aborde les nombreux thèmes et corrélats en rapport avec l'islamisation d'une façon aussi complète que possible et dans un langage accessible, en autant de « tableaux » très fouillés qui devraient permettre au lecteur d'en apprécier soi même la portée, le pousser à la réflexion et à vouloir ouvrir les yeux sur des traditions jusqu'alors indiscutées afin d'apprécier scrupuleusement les faits portant sur le passé lointain ou proche.

L'histoire a souvent été détournée de sa fin propre, la Vérité, au profit de causes politiques, sociales, ou économiques plus ou moins respectables. Le soucis du sentiment national et les passions sont venus obscurcir l'objectivité, et le discours d'en présenter des récits romancés emprunts de partialité. En cette période de troubles aggravés par le contexte social-économique national et européen, si rien n'est entrepris, nous aurons à en subir les conséquences ainsi que nos concitoyens juifs et musulmans avec nous.


samedi 22 août 2015

TRIBUNE LIBRE : Paolo Brera

L’Ukraine en lutte contre la corruption

C'est un truisme de dire que le plus grand souci pour le gouvernement de Kiev, c'est bien évidemment la guerre civile qui règne dans l’Est du pays et qui domine le quotidien. En deuxième place, il y a la corruption. Le président Pétro Porochenko joue sa réputation sur cette issue, car en Ukraine se déroule en ce moment une campagne de grande envergure contre la corruption.


L’omniprésence de la corruption dans l’économie et la société ukrainienne frôle l’incroyable. Loudmila Milévytch, une jeune mère d’un enfant en âge scolaire a déclaré au Wall Street Journal : « Vous allez à la maternelle et c’est du fric qu’il faut payer pour la faire admettre. Encore du fric pour l’école primaire. Et du fric pour la faire soigner à l’hôpital ». Cette femme au foyer qui s'est enrôlée dans la police municipale de Kiev s'est également engagée dans une campagne visant à déraciner la corruption des policiers. Elle clame : « Plus personne ne veut plus vivre comme ça. »

Les hôpitaux sont un cauchemar, les infirmiers sont payés dix dollars US par jour sous la table. Les opérations chirurgicales sont assujetties à un tarif précis et purement privé – en clair : à chaque consultation, des centaines des dollars émigrent des poches des patients vers celles des médecins. La police ferme les yeux sur les infractions commises à condition pour les contrevenants de s'acquitter d'un bakchich en devises. Le revenu non-officiel en monnaie étrangère est souvent plus important que le traitement officiel en hryvnes.

C’est presque difficile à croire, mais le problème était moins aigu du temps de l'Union soviétique. Dans les hôpitaux, on vous soignait même si vous n’aviez pas de devises à remettre au personnel soignant. Mais quand l’État communiste autoritaire s’est écroulé, c’est le "Far West" qui a prévalu. La tentation était trop grande pour de nombreuses personnes de profiter de leur position et de la corruption régnante pour plus qu'arrondir leur fin de mois. Beaucoup se sont laissé séduire par l'argent facile.

Porochenko a recruté l’ancien Premier ministre géorgien, Mikhaïl Saakachvili, pour l'assister dans la campagne anti-corruption. Même les opposants de Saakachvili reconnaissent son succès dans l’éradication de la corruption diffuse qui sévissait en Géorgie. Aujourd’hui, Saakachvili devenu le gouverneur de la région d’Odessa, a eu l’idée d'accorder aux grands bureaucrates des primes en devises étrangères contribuant ainsi à la réduction de la corruption. La méthode a été appliquée également à deux ministères Kievins. Mikhaïl Beylin, conseiller du président Porochenko, remet des enveloppes contenant de 3 000 à 7 000 euros par mois aux chefs de départements et encore bien plus aux ministres et aux députés.

L'idée n’est pas dénuée de fondement, elle repose sur l'hypothèse que les bas salaires incitent le personnel à la corruption, et que pour la combattre, il faut avant tout mieux rémunérer les personnes. Et cela a marché – parfois. Un policier de Kiev a admis qu’il acceptait des pots-de-vin quand il recevait deux mille hryvnes par mois (80 euros), mais plus maintenant qu’il est beaucoup mieux payé ; il s’est même engagé dans la campagne anticorruption. Le ministre Avaras Abromavicius a déclaré au site Investigatif Ukraine Criminelle : « Quand un ministre touche 200 dollars par mois et ses aides les plus proches même moins que cela – alors on ne va nulle part. » Il y en a certains qui ont cependant émis des doutes sur la légalité de cette prime versée en dollars – et le fait qu’ils soient débités en secret ne fait que renforcer la tendance du système politique ukrainien à former des camarillas. Les chefs de file de l’administration publique et des entreprises d'État sont toujours choisis selon des procédés dont l’opacité avantage les gens bien introduits au grand dam des plus compétents. Porochenko a pris l’engagement solennel de faire procéder à toutes ces nominations de façon transparente et méritocratique, toujours par le biais de concours publiques. La réalité, comme le souligne Dmytro Tuzov dans l’Ukraïnska Pravda (le quotidien fondé par Héoryiy Gongadzé), ne correspond pas toujours aux engagements pris.

Prenons, par exemple, les Chemins de Fer Ukrainiens (au nom imprononçable d’Oukrzaliznytsyiya), un véritable État dans l’État dont Oleksandr Zavhorodnyiy a été nommé PDG sans avoir présenté le moindre concours. Son poste n'est que provisoire, mais cela cache l’absence de n’importe quel critère pour une désignation définitive. On a dit que le concours (transparent, comme il se doit...) sera annoncé en septembre. Annoncer, ce n’est quand même pas faire ce qu’on annonce. Aussi, Tuzov a eu beau jeu de dire qu’au vu des délais habituels en Ukraine, les chemins de fer devront attendre très longtemps pour enfin voir siégé un PDG désigné selon des règles de transparence. Or cette nomination revient entièrement de la responsabilité de Porochenko.

Il y avait cependant eu un bon départ. Le nouveau chef du Bureau Anticorruption, le jeune et dynamique ancien avocat et procureur Artem Sytnyk, dont la candidature a bien été retenue après un concours ouvert et transparent au cours duquel il a battu à plate couture son adversaire Mykola Siryiy. Mais en août, le procureur général l’a inculpé d’abus de confiance : il aurait payé le voyage de sa femme qui l'accompagnait en visite officielle à Londres, avec de l’argent publique. « Ce n’est qu’une façon de faire pression sur moi » a-t-il déclaré en démentant cette accusation. Pourtant, l’inculpation montre – au minimum – que les corrompus n’ont aucune intention de se soumettre sans bataille.